Entretien avec

Emmanuel GRÉGOIRE, Député de la 7ème circonscription de Paris

« Sa centralité et son attractivité culturelle, commerciale et patrimoniale permettent d’en faire un poumon de la vie sociale et économique parisienne et francilienne. »

Quels arrondissements sont compris dans votre circonscription ?

La septième circonscription de Paris se situe sur trois arrondissements : une partie du 11e, une partie du 12e où je suis élu municipal, et le 4e arrondissement.

Quels sont vos liens avec Paris et plus spécifiquement Paris Centre ?

Comme 70% des Parisiens, je n’y suis pas né. Mais comme beaucoup, je suis tombé sous son charme. Je suis un amoureux de Paris, dans toute sa diversité. J’arpente tous les jours à la rencontre de ses habitants, évidemment, singulièrement à Paris Centre car ma circonscription en recouvre une partie.

Il est difficile de limiter mon mandat de député aux seules frontières du boulevard Sébastopol et de la rue Rambuteau, car mon attachement à Paris Centre est bien plus global. J’y suis profondément attaché en raison de sa vitalité commerciale mais aussi de sa culture d’ouverture et d’attachement à la diversité.

Des rives de Seine aux rues du Marais en passant par l’Île Saint-Louis, c’est un arrondissement symbolique de Paris ! Mes mandats, actuels ou passés, ont fait naître chez moi un lien particulier avec ce dernier. Mes dix années en tant qu’adjoint à la maire de Paris m’ont permis de passer de longues journées, et parfois quelques nuits, dans cet arrondissement qui abrite l’Hôtel de Ville.

Je me souviens aussi de l’incendie de Notre-Dame, l’un des événements les plus marquants de ma vie personnelle et professionnelle.

Ce drame a été un choc qui a mis en lumière l’attachement des Parisiens, mais aussi du monde, à ce monument et à Paris Centre. Il a illustré cette devise qui représente tant Paris que ses habitants : Fluctuat Nec Mergitur !

Quelles évolutions a selon vous apporté la création de Paris Centre, qui englobe les 1er, 2ème, 3ème et 4ème arrondissements ?

Tout d’abord, il est important de souligner qu’il s’agit d’évolutions positives, initiées par la majorité municipale précédente, menée par les socialistes.

Certains arrondissements, aujourd’hui intégrés à Paris Centre, n’avaient pas auparavant la capacité d’agir efficacement pour le quotidien de leurs habitants en raison de leur petite taille.

Cette fusion a permis de développer de nouvelles approches pour construire des politiques publiques plus efficaces et adaptées aux besoins des résidents. Elle a également favorisé une meilleure coordination politique entre ces arrondissements.

Cette transformation a aussi modifié la vision patrimoniale de Paris. La réutilisation des anciennes mairies d’arrondissement en est un exemple marquant : l’Académie du Climat dans le quatrième, le Quartier Jeune dans le premier arrondissement, et Emmaüs Connect dans l’ancienne mairie du deuxième.

Ces initiatives illustrent l’engagement de la ville sur des sujets cruciaux tels que le climat, la jeunesse et la solidarité, ainsi que l’agilité rendue possible par la fusion de quatre arrondissements centraux. Dans Paris Centre, on retrouve un condensé de ce qu’est Paris.

Que représente à vos yeux ce secteur spécifique de Paris ?

C’est un secteur emblématique de Paris, un petit Paris avec un rayonnement qui dépasse les limites parisiennes, franciliennes et françaises. Sans nécessairement connaître son découpage géographique précis, tous les touristes qui viennent à Paris connaissent Paris Centre et y passent à un moment de leur séjour.

Sa centralité et son attractivité culturelle, commerciale et patrimoniale permettent d’en faire un poumon de la vie sociale et économique parisienne et francilienne.

Aujourd’hui si je prends un exemple, la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs située à Châtelet a un rayonnement dans toute la métropole du Grand Paris.

De même que La Place, ce lieu de pratique, de création, de diffusion et de transmission du mouvement hip-hop. Ce secteur est une vitrine du bilan de la gauche dans la capitale.

Quelles sont ses spécificités ?

Paris Centre se distingue par sa concentration d’activités économiques, portées notamment par le tourisme et le commerce, ainsi que par la présence de sièges d’entreprises.

C’est également un pôle culturel et patrimonial majeur, abritant des institutions comme le musée du Louvre, le Centre Pompidou et évidemment Notre-Dame. Sur le plan politique, l’Hôtel de Ville y joue un rôle central.

Tous ces facteurs entraînent un tourisme massif dans le secteur, accentué par les douceurs des rives de Seine apaisées qui en font un poumon en plein cœur de Paris.

Il est un moteur de la transformation urbaine à l’échelle de toute la ville, avec des infrastructures de premiers plans dont les axes cyclables Rivoli et Sébastopol, utilisés quotidiennement par des dizaines de milliers de cyclistes et qui sont régulièrement mis en avant à travers le monde.

Malgré ce dynamisme et cette effervescence, Paris Centre réussit à conserver une vie de quartier authentique, ce qui constitue une autre spécificité majeure. Il est ainsi possible d’y maintenir une vie de proximité, préservant le charme et l’esprit communautaire qui le caractérisent.

Comment envisagez-vous son devenir ?

D’abord, je n’envisage son devenir que dans une pérennisation et un renforcement de ses compétences, comme je peux le défendre pour tous les arrondissements parisiens auxquels les Parisiens sont attachés. Il est nécessaire de renforcer les pouvoirs de la mairie d’arrondissement tout en préservant les petits villages qui le constituent. En effet, certains habitants sont encore plus attachés à leur quartier qu’à la totalité de leur arrondissement.

Je souhaite continuer d’améliorer l’efficacité de l’action publique pour être au plus près des préoccupations des habitants. Paris Centre est un cœur d’attractivité, dense, avec une forte fréquentation. Il faut donc pouvoir assurer plus de nature en ville, des espaces de fraîcheur, mais aussi une propreté de chaque instant et la sécurité pour tous.

Il faut également l’inscrire dans une démarche responsable pour conserver sa qualité de vie. Aujourd’hui, Paris Centre est attaqué par le tourisme de masse, et particulièrement par la multiplication des locations touristiques de courte durée.

Or, ma vision pour Paris, singulièrement pour Paris Centre, c’est que chacun puisse avoir le droit d’y vivre pleinement et dignement s’il le souhaite. Cela passe par l’accès à un logement de qualité. Je lutterai donc activement contre les logements vacants et le logement type Airbnb, pour que Paris Centre reste vivante.

Enfin, il faudra défendre son identité. De la rue des Rosiers à la rue du Renard, en passant par Arts-et-Métiers, Paris Centre accueille toutes les communautés, à l’image de Paris. Je suis particulièrement engagé dans la lutte contre les LGBTQIA-phobies et évidemment la lutte contre l’antisémitisme et toutes les formes de discriminations. Paris n’abandonnera pas ce combat. J’en fais la promesse.