Les valeurs durables de l’olympisme

Entretien avec

Benoite-Martine LARDY, Adjointe au Maire de Paris Centre, Chargée de la Culture, du Sport, des Jeux Olympiques & Paralympiques de Paris 2024

Au cœur de l’été 2024, le cœur de Paris Centre a battu au rythme des JOP, entre sport et culture. Alors que les jeux se sont ouverts sur cette Seine qui coule à ses pieds, que la flamme olympique a défilé dans ses rues, Paris Centre s’est préparé, les yeux rivés sur l’héritage durable de cet olympisme, synonyme de développement durable dans lequel le fleuve retrouve sa pureté et la cité se pare des couleurs de l’accessibilité universelle, qui près d’une année plus tard est omniprésent. Depuis toujours, Paris Centre dessine la société inclusive de demain, dans laquelle la cité est synonyme d’harmonie, vibre pour ses habitants, venant à elle s’il le faut, lui offrant la culture comme un cadeau précieux, à laquelle elle s’abandonne émerveillée.

Vous êtes Adjointe au Maire en charge de la culture, du sport et des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Quelle est l’offre culturelle et sportive du territoire ?

La fusion des 1er, 2ème, 3ème et 4ème arrondissements au sein de Paris Centre a bien évidemment décuplé notre offre culturelle et sportive. Cependant si dans le domaine culturel, notre secteur est particulièrement riche, que ce soit au niveau des établissements culturels de la Ville de Paris elle-même, des théâtres, musées nationaux, des associations culturelles, des galeries d’arts ou encore des instituts et centres culturels étrangers, au point de représenter près de 50 % de l’offre de la capitale, dans le domaine sportif, l’offre est beaucoup plus limitée.

Nous n’avons pas de stades, mais des gymnases, dont certains ont été réhabilités pendant les années 2000, sachant que pendant près d’une quarantaine d’années aucun équipement sportif nouveau n’a été construit.

L’accessibilité à la culture est-elle inclusive ?

En dépit de l’offre culturelle incroyable dont nous avions la chance de disposer, je me suis aperçue, ce bien avant la création de Paris Centre, mais durant les 20 dernières années, que très peu de nos habitants allaient au musée, au théâtre ou encore au concert, ce plus encore depuis qu’il faut quasiment tout réserver à l’avance sur Internet.

C’est ainsi qu’est née « De la culture avant toute chose ». Je souhaitais ainsi proposer une programmation culturelle de proximité pluridisciplinaire gratuite et sans réservation, qui permette aux habitants d’accéder à des concerts, représentations théâtrales sans être confrontés aux contraintes habituelles.

Ainsi, nous avons débuté nos rendez-vous culturels à la mairie tous les mardis à 19 heures 30, auxquels sont venus s’ajouter ceux du jeudi à l’auditorium Jean Dame (salle en travaux pour le moment). L’objectif étant bien évidemment d’attirer tous les publics, notre offre est donc très variée.

Il va de soi que dans le cadre « De la culture avant toute chose », nous travaillons énormément avec les associations culturelles de Paris Centre, qui nous proposent nombre de spectacles magnifiques.

C’est un vrai bonheur que de partager ces moments conviviaux avec nos habitants, d’amener la culture jusqu’à eux.

À partir de mai, aux beaux jours, il nous arrive aussi de proposer nos évènements dans la cour de la mairie, ce qui donne une tonalité encore différente, puisque ouverte sur l’extérieur, ils attirent aussi les promeneurs de passage pour quelques instants ou plus longtemps.

Comment Paris-Centre a vécu les JOP 2024 ?

Paris Centre était terre de jeux.

Comme je l’ai indiqué, nous ne possédons pas d’équipements sportifs d’envergure, mais des infrastructures qui restent modestes.

Comme dans la majorité des quartiers de Paris, il faut gagner la banlieue pour avoir accès aux grands espaces. Cela ne nous empêche pas d’avoir une population sportive, qui pratique sa discipline à travers les associations ou les clubs.

Pour ce qui est plus spécifiquement des Jeux Olympiques et Paralympiques, notre secteur a rayonné en accueillant une partie de la cérémonie d’ouverture qui se déroulait sur la Seine, mais aussi la flamme olympique, à la mi-juillet ainsi que le centre média au Carreau du Temple, à côté de la mairie.

De même, Paris Centre a fait partie des parcours du 8ème arrondissement, qui jouxte Paris Centre via le jardin des Tuileries dans le 1er. Totalement métamorphosé, il a accueilli en particulier des sports nouveaux, spectaculaire et urbains, comme le Breaking, présent pour la première fois aux Jeux, le basketball 3×3, le BMX freestyle et le skateboard.

Parallèlement, le marathon olympique et le marathon pour tous sont partis de la place de l’Hôtel de Ville, du cœur de Paris Centre.

Paris Centre était pleinement mobilisée autour de l’effervescence et de la mobilisation créées par les JOP. La vie du quartier a été totalement métamorphosée et a vécu au rythme des Jeux : certains lieux culturels ont ponctuellement fermé et d’autres au contraire sont restés ouverts. Nous avons aussi évidemment vu croître durablement le nombre de touristes et de visiteurs.

Les JOP 2024 concernaient-ils à vos yeux exclusivement le sport ?

Nous savons toutes et tous que le sport est riche de valeurs multiples qui peuvent s’exprimer en continu dans la vie quotidienne et citoyenne.

En outre, les Jeux ont toujours permis aussi de découvrir un pays dans ses spécificités, ses richesses, ses joyaux. Il va de soi que la culture, l’histoire, le patrimoine en font partie.

C’est peu dire que ces Jeux ont été sur ce terrain aussi un immense succès et nous sommes fiers d’y avoir apporté notre touche.

En quoi le territoire s’inscrit-il à cet égard dans une démarche résolument durable ?

Les JOP ne seraient pas ce qu’ils sont, si ils n’avaient laissé aucun héritage. D’emblée, cet impératif est d’ailleurs apparu comme un élément essentiel dans leurs conception et préparation.

Aujourd’hui, nous ressentons les richesses qu’ont apportées ces Jeux et ce qu’ils laissent aussi en termes d’avancées sociétales, car il est vrai qu’ils ont portées haut les valeurs de l’inclusion dans tous ses aspects.

Ils ont ainsi insufflé un élan formidable, jamais égalé en termes d’accessibilité. Cette impulsion ne doit jamais s’éteindre mais aller toujours plus loin.

Je citerai aussi évidemment la Seine que les baigneurs peuvent désormais reconquérir grâce à la baignade depuis cet été, ainsi que le développement en continu de la piétonnisation, qui est depuis longtemps une spécificité de Paris Centre, qui d’emblée s’est inscrite dans la dynamique des mobilités douces, en synergie avec ses habitants.

Les JOP ont laissé leur empreinte dans Paris et alentours, dessinant de nouveaux horizons, que Paris Centre a toujours portés dans sa chair.

Cette nouvelle étape s’inscrivait d’emblée dans la mobilisation des élus que nous sommes autour d’un avenir plus responsable, plus inclusif, résolument durable, ce à quoi nous avons toujours aspiré.