Entretien avec

Catherine TRONCA, Adjointe au Maire en charge de la santé publique et environnementale, des solidarités entre les générations, de l’accessibilité universelle et des personnes en situation de handicap.

« Ma délégation est éminemment sociale et porte en son sein les valeurs auxquelles nous sommes toutes et tous attachés avec des champs d’actions multiples qui convergent et se mêlent pour qu’existe une société toujours plus inclusive. »

Vous êtes en charge de la santé publique et environnementale, des seniors, des solidarités entre les générations, de l’accessibilité universelle et des personnes en situation de handicap. Quelles sont aujourd’hui vos priorités ?

Depuis le début de mon mandat, et dans la vie en général, mon fil rouge est le lien social, l’écoute, l’attention aux autres et la mise en pratique de ces convictions. En tant que médecin, il est évident que je sais l’importance pour toutes et tous de ne pas être éloigné ou d’être écarté du système de santé, alors même que c’est précisément le cas pour les populations qui en ont le plus besoin.

Mes priorités s’inscrivent dans une démarche sociétale transversale. Je suis ainsi mobilisée aux côtés de notre équipe municipale afin que personne ne soit laissé de côté, ce qui passe évidemment par la défense du droit républicain pour un égal accès aux soins, surtout pour les personnes les plus fragiles, seniors ou en situation de handicap, mais aussi une plus grande accessibilité en ville, grâce aux réseaux de transports en commun. De fait la vision que nous portons est celle d’une société inclusive dans toutes les sphères de la vie publiques.

Lorsque nous avons été élus dans ce secteur qui regroupe quatre arrondissements, il y avait tout à mettre en place, à repenser, rassembler, à l’échelle de Paris Centre. Nous nous sommes évidemment immédiatement mis en ordre de marche, même si la pandémie nous a quelque peu ralenti dans la conduite de nos projets en début de mandat.

Quelles passerelles coexistent entre toutes vos missions ?

Ma délégation est éminemment sociale avec des champs d’actions multiples qui convergent et se mêlent pour qu’existe une société toujours plus inclusive.

Il en est de même des institutions avec lesquelles je travaille en continu, qu’il s’agisse des comités locaux, des instances nationales et locales, à l’image de la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS), qui regroupe l’ensemble des acteurs du territoire s’unissant autour d’un projet de santé face à des problématiques communes, au bénéfice du patient.

La Maison des Solidarités est un autre exemple, puisqu’elle permet d’accompagner tous nos concitoyennes et concitoyens, dans le vaste ensemble des domaines de la solidarité , allant de la vie quotidienne, à l’insertion, l’éducation, la santé, l’accès aux droits, ou encore l’aide aux personnes âgées ou en situation de handicap.

On retrouve de fait cette dimension plurielle au sein de la Maison des Associations dont beaucoup sont nos précieux partenaires.

Comment accompagnez-vous les personnes fragilisées ?

L’accompagnement de personnes fragilisées fait bien évidemment l’objet d’une politique volontariste de notre part. Cependant, notre territoire très central, historique est particulièrement contraint est et compliqué.

L’architecture, l’identité patrimoniale, que nous entendons préserver, ne permettent pas d’envisager de grandes métamorphoses urbaines. Il nous incombe donc de faire preuve d’inventivité.

La démarche est claire et nos actions s’articulent donc autour de « l’aller vers » lorsqu’il est compliqué pour les personnes de venir à nous. Cela implique ainsi de minimiser pour elles les déplacements ou encore de faciliter l’accès au numérique.

Il nous incombe ainsi de trouver des solutions pour contourner les écueils et obstacles, qui viendraient empêcher le dialogue et l’échange.

À titre d’exemple, j’ai ainsi choisi de faire mes permanences « seniors » au cœur de leurs résidences, preuve qu’il existe toujours des solutions.

Nous veillons évidemment tant sur les aînés que sur les plus jeunes, avec un point de vigilance particulier concernant l’inclusion de tous les enfants, en synergie avec la Mairie de Paris et les autres institutions.

Ainsi, l’ensemble de l’équipe municipale est fortement engagée autour de l’inclusion en milieu scolaire. C’est pour nous un axe transversal. Nous sommes mobilisés pour favoriser l’accès des enfants , en situation de handicap ou avec des besoins éducatifs particuliers, à un enseignement de qualité, de la maternelle au collège, sans qu’ils soient obligés de quitter Paris Centre.

Nous avons créé à cet effet des classes spécialisées pour enfants sourds ou autistes, par exemple, mais aussi des créneaux sportifs dédiés.

En quoi l’équipe municipale se mobilise t-elle sur tous les fronts en faveur d’un territoire inclusif ?

Tel est bien l’engagement de l’ensemble de l’équipe municipale, qui se mobilise sur tous les fronts afin de créer au sein de Paris Centre cette société inclusive à laquelle nous aspirons toutes et tous.

À Paris Centre se croisent et se mêlent différentes populations avec une importante mixité sociale, et par la même des problématiques diverses et multiples.

Ici, se côtoient ainsi des habitants qui y résident, des personnes qui y travaillent, des touristes de passage mais aussi des publics en situation de grande précarité, sans domicile fixe ou usagers de drogues, que l’on ne saurait oublier.

Il existe évidemment de multiples prises en charge, qu’elles soient locales ou à l’échelle nationale, à l’image des maraudes et autres accompagnements sociaux. Cependant, il est indispensable de coordonner l’ensemble de ces actions et réseaux pour obtenir le maillage le plus efficient possible, ce à quoi nous nous attachons.

Vous êtes en charge de la santé publique et environnementale. Pouvez-vous nous rappeler les tenants et les aboutissants de la santé environnementale et ses liens avec la santé publique ?

C’est un fait acquis que la santé environnementale est un grand enjeu de santé publique, et qu’environnement et santé sont étroitement liés.

Pour mémoire, d’après l’OMS, la santé environnementale comprend ainsi les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie, déterminés par les facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétiques de notre environnement.

En d’autres termes ce qui est favorise la qualité et la préservation de notre environnement se décline sur la santé humaine.

Quelles actions phares, illustrant ces liens menez-vous ?

Il en est une qui me paraît à la fois exemplaire et emblématique. Je pense ainsi aux des cours de récréation des écoles et collèges dites cours Oasis.

Comme leur dénomination l’indiquent, il s’agit de véritables oasis, espaces végétalisés de fraîcheur rafraîchis, plus agréables à vivre au quotidien et mieux partagés par tous.

Plus encore ces îlots d’un nouveau genre gagnent l’espace public. Cette initiative est issue de la stratégie de résilience de Paris, adoptée au conseil de Paris en septembre 2017. En 8 ans, ce sont des centaines de cours oasis, qui ont été aménagées et Paris Centre s’est évidemment pleinement engagé dans ce mouvement.

Dans le même esprit, j’évoquerai aussi les centaines « rues aux enfants », comme un prolongement de ces cours oasis dans la rue. Elles ont été piétonnisées et végétalisées aux abords des écoles, ce qui implique aussi des espaces environnementaux de quiétude tant pour les élèves, que pour leurs familles, les habitants et les passants.

La nature y reprend ses droits, avec moins de pollution, de nuisances sonores, et davantage d’espace pour profiter d’un environnement dans lequel, on peut jouer et s’épanouir. A Paris Centre, nous en avons 18.

Quelles autres des initiatives ont été conduites dans cette sphère de la santé ?

La santé est évidemment un sujet d’envergure et loin des idées reçues, la désertification médicale concerne aussi la capitale. La nouvelle génération de médecins, quoi que très impliquée s’inscrit dans une démarche différente de leurs pairs.

Ils souhaitent vivre de leur passion pour cette merveilleuse profession mais conserver une qualité de vie personnelle et avec leur famille, privilégient souvent le travail en groupe, plutôt qu’isolés dans un cabinet.

Les centres et maisons de santé sont dans l’air du temps, mais si nous possédons un centre de santé, nous sommes restreints par notre architecture patrimoniale.

Nous ne pouvons pousser les murs pour construire de nouvelles infrastructures. Le bâti existant est souvent devenu vétuste et hélas très onéreux à réhabiliter.

Concernant par exemple, la création de maisons de santé, notre configuration est complexe ne serait-ce qu’au regard de nos trottoirs trop étroits pour des rampes d’accès.

Ceci étant, nous restons mobilisés quant à l’accès aux soins de toutes et tous. Nous sommes aussi évidemment très impliqués en amont pour mener des actions de prévention, de sensibilisation et vaccination en tous lieux et toutes circonstances, que ce soit en milieu scolaire, au collège, auprès des jeunes comme des seniors.

À titre d’exemple, la distribution des chocolats de Noël auprès de nos aînés est toujours une occasion pour aborder leurs problématiques de santé.

Quelle est la place de la sensibilisation dans vos actions ?

La sensibilisation permet d’intervenir en amont de nombreuses problématiques, qu’elles soient ou non en lien avec la santé publique.

Ainsi, nous organisons régulièrement des réunions informatives sur de multiples sujets, qui sont autant de risques sur lesquels nous tentons d’alerter, qu’il s’agisse des conduites addictives, de la pratique des écrans, de l’analyse des réseaux sociaux ou encore de la sécurité routière.

Comment travaillez-vous avec l’équipe municipale ?

Les sujets prioritaires, qui unissent l’ensemble de l’équipe municipale, imposent des approches éminemment transversales.

C’est peu dire que nous travaillons en pleine synergie, les uns avec les autres mais aussi avec les nombreuses parties prenantes, qui interviennent dans les sphères multiples qui nous mobilisent. Nous travaillons ainsi souvent a minima en binôme avec un autre élu.

Me concernant, je suis ainsi très souvent, en fonction des sujets abordés aux côtés de ma collègue Shirley Wirden, Adjointe au maire en charge de l’égalité femmes-hommes, des solidarités, de la lutte contre l’exclusion, des affaires sociales et de la protection de l’enfance ou encore Karine Barbagli, Adjointe en charge du logement, des familles, de la petite enfance, des affaires scolaires et de la qualité de la restauration scolaire.

Sur le sujet de l’accessibilité, très complexe dans notre secteur en raison du bâti existant, j’ai ainsi travaillé de concert avec cette dernière, le Conseil Local du Handicap, mais aussi avec Dorine Bregman, Adjointe au Maire en charge de la propreté de l’espace public, des commerces et de l’artisanat de proximité, de la vitalité économique et du tourisme, et Benoite Lardy, Adjointe au Maire en charge de la culture, du sport et des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.

S’il est d’ailleurs, un héritage fort des Jeux Olympiques et Paralympiques , c’est bel et bien d’avoir permis de rendre le réseau bus 100% de Paris Centre accessible.

Quels sont vos principaux défis et projets ?

La pandémie a fait émerger de nouvelles problématiques en lien avec la santé mentale ou encore les dangers de l’isolement.

Ainsi, la santé mentale, fait clairement partie des priorités quel que soit l’âge. De la même façon, avec la Covid, nous avons pu mesurer à la fois de l’élan de solidarité, mais aussi de la capacité des générations à venir en aide les unes aux autres.

Je suis ainsi mobilisée autour de l’émergence d’appartements partagés, si propice à créer une dynamique de lutte contre l’isolement.

Inlassablement, je poursuis aux côtés de l’équipe municipale cet objectif d’un vivre ensemble, source d’épanouissement mutuel et réciproque, dans ce cadre de vie d’exception qu’est Paris Centre.