Au cœur du modèle de Sécurité civile français : consolidation et modernisation

Entretien avec

le Préfet Julien Marion, Directeur Général de la Sécurité civile et de la gestion des crises

« Les 197 800 sapeurs-pompiers volontaires, les 41 800 professionnels et les 13 200 militaires constituent le cœur de notre modèle de Sécurité civile. Ils en sont la principale force et sont un maillon essentiel de la chaine du secours, comme en attestent les 4 680 900 interventions réalisées chaque année, soit une intervention toutes les 7 secondes et les 3 841 300 victimes prises en charge. »

Vous venez de prendre vos fonctions en temps que Directeur Général de la Sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC). Quelles sont vos priorités ?

J’ai pris mes fonctions à la tête de la Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises le 10 juillet dernier. Depuis le premier jour avec les équipes de la Direction générale et l’ensemble de nos partenaires, nous sommes à la tâche pour faire avancer de nombreux dossiers structurants visant à la consolidation et la modernisation du modèle français de Sécurité civile.

La Sécurité civile et la gestion des crises pris en effet depuis plusieurs années une nouvelle dimension qui oblige à s’adapter notamment aux enjeux sociétaux et environnementaux, dans un contexte général de plus forte sollicitation de ses acteurs et de crises aigües et protéiformes.

Dans ce contexte, conforter au niveau européen et national notre modèle français dont l’un des piliers est le volontariat est une priorité. Cette ambition suppose de relever collectivement plusieurs défis : l’attractivité des services d’incendie et de secours, la diversification des profils, la fidélisation des sapeurs-pompiers volontaires qui suppose une meilleure valorisation de leur engagement et des aménagements de leur cadre d’emploi actuel.

Il nous faut aussi accélérer la modernisation de nos doctrines et de nos outils afin de tirer le meilleur profit des évolutions technologiques et disposer de moyens modernes, adaptés à l’évolution des risques, en phase avec les spécificités territoriales et apportant plus de sécurité aux acteurs du secours et plus d’efficacité dans la conduite des missions.

Le renouvellement complet des flottes avions et hélicoptères de la Sécurité civile, la mobilisation de 150 millions d’euros par l’État en soutien des investissements des services d’incendie et de secours en matière de lutte contre les feux de forêt ou encore les moyens considérables débloqués dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation du Ministère de l’Intérieur en faveur des acteurs de la Sécurité civile illustrent notre volonté d’aller vite et d’aller loin.

Pouvez-vous nous rappeler les missions de votre direction ?

La Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises est une direction d’administration centrale du Ministère de l’Intérieur et des Outre-Mer. Sous l’autorité du Ministre, elle conçoit et met en œuvre les politiques publiques de Sécurité civile et assure en lien avec les autorités locales, en particulier les préfets de département, la coordination territoriale des acteurs du secours. La DGSCGC gère également des moyens dits nationaux que sont le groupement du déminage, les formations militaires de la Sécurité civile et les moyens aériens qui concourent aussi aux missions de préservation des vies, des biens et de l’environnement.

Qui sont les acteurs de la Sécurité civile?

Le terme Sécurité civile couvre une pluralité d’acteurs que sont les sapeurs-pompiers volontaires, professionnels et militaires, les sapeurs-sauveteurs, les bénévoles des associations agréées et les personnels des moyens nationaux, pilotes, mécaniciens, démineurs, personnels des établissements de soutien.

La coordination de ces acteurs porte t-elle les mêmes valeurs et est-elle parfaitement coordonnée?

La Sécurité civile rassemble il est vrai des acteurs très divers. Chacun a son histoire, ses spécificités et son cadre d’emploi et de gestion. Loin d’être un handicap, cette diversité est une richesse et se révèle au contraire un atout indéniable et une force pour le modèle de Sécurité civile français, car les missions auxquelles tous concourent impliquent de mobiliser des compétences plurielles dans des domaines très variés. Je constate tous les jours avec beaucoup de satisfaction qu’il n’y a aucun esprit de chapelle et que ces structures travaillent main dans la main, animées d’un même sens de la mission et partageant des valeurs communes de solidarité et de résilience, portées par l’engagement de femmes et d’hommes remarquables.

La DGSCGC joue un rôle essentiel dans ce contexte pour définir un cadre d’action commun performant qui suppose en permanence d’adapter et moderniser nos réponses opérationnelles et nos cadres d’intervention. L’objectif est double : pouvoir projeter en permanence partout dans le monde des forces françaises de Sécurité civile et garantir sur l’ensemble du territoire national 365 jours par an et 24h sur 24 une réponse opérationnelle optimale.

Quelle est la place des sapeurs-pompiers à cet égard ?

Les 197 800 sapeurs-pompiers volontaires, les 41 800 professionnels et les 13 200 militaires constituent le cœur de notre modèle de Sécurité civile. Ils en sont la principale force et sont un maillon essentiel de la chaine du secours, comme en attestent les 4 680 900 interventions réalisées chaque année, soit une intervention toutes les 7 secondes et les 3 841 300 victimes prises en charge.

Les services d’incendie et de secours offrent un maillage territorial à nul autre pareil. Les femmes et les hommes qui ont fait le choix de ce bel engagement au service des autres incarnent de manière admirable le service public de proximité et nos valeurs républicaines.

L’État est le garant du bon fonctionnement du réseau des SDIS. Au quotidien et dans chaque département il appartient aux préfets de piloter l’engagement opérationnel des SDIS. Cette action implique une collaboration permanente avec la Direction générale.

Quelles actions menez-vous au quotidien à leurs côtés ? Comment coordonnez-vous les actions dans les territoires?

Le pilotage opérationnel des acteurs territoriaux de la Sécurité civile au plan local est de la compétence des préfets de département. La DGSCGC assure une fonction d’expertise, d’appui et de coordination et organise autant que de besoin, la solidarité nationale ou la mobilisation de moyens très spécifiques. Cette coordination implique une écoute permanente, un travail régulier et une collaboration de tous les jours avec les acteurs territoriaux pour coller aux spécificités et répondre aux besoins des territoires.