Communauté de Communes Côte d’Émeraude : « Des partenaires au service de l’intérêt général »

Entretien avec

Christian Coail, Président du département des Côtes d’Armor

Au carrefour de deux départements, la communauté de communes de Côte d’Émeraude met un point d’honneur à mettre en exergue chacune de ses composantes en prenant en considération sa singularité et sa valeur ajoutée. Une mission « d’intérêt collective » aux yeux de Christian Coail, Président du département des Côtes d’Armor.

Vous présidez aux destinées du département des Côtes d’Armor depuis juillet 2021. Quelles synergies entretenez-vous avec la communauté de communes Côte d’Émeraude ?

Notre pacte social tient en grande partie grâce aux corps intermédiaires et notamment les différentes collectivités. L’enjeu est tel qu’on ne peut pas se permettre de gaspiller la moindre part d’énergie.

Chaque niveau de collectivité a sa pertinence, sa plus-value. Il ne faut donc pas se voir comme d’éventuels concurrents mais comme des partenaires au service de l’intérêt général. Ce souci de l’intelligence collective est ce qui nous anime depuis notre arrivée aux responsabilités. Cela nous conduit à adopter une posture de différenciation selon les caractéristiques des territoires.

La particularité de la communauté de communes Côte d’Émeraude est d’être à cheval sur deux départements. Cela conduit nécessairement à avoir une relation singulière par rapport à d’autres intercommunalités, à faire en quelque sorte du sur-mesure.

Par exemple, sur notre dispositif de contrats de territoires, la majorité de la communauté de communes Côte d’Émeraude comprenant des communes brétilliennes, nous avons, en accord avec l’intercommunalité, contractualisé avec les communes.

Dans le cadre de ces relations, le département a contribué, fin 2022, à la mise en œuvre de deux projets destinés à favoriser les mobilités douces, à Lancieux et Tréméreuc. Où en est-on aujourd’hui ?

La transition écologique est une priorité de notre projet politique. Dans ce cadre, nous avons soutenu, effectivement, une liaison douce entre le pont du Frémur et Lancieux à hauteur de 93 800 euros ainsi que la fourniture et la pose de 2 box vélos (double) ainsi que 4 supports vélos pour 8 641 euros. On parlait d’intelligence collective précédemment, c’est typiquement un enjeu sur lequel on arrive à trouver des synergies entre les différents échelons.

Ces projets en sont la preuve. Cela répond à la vision d’un aménagement durable et équilibré du département que nous défendons et cela répond aux priorités du bloc local. D’après mes informations, les projets sont en cours mais, la maîtrise d’œuvre n’étant pas départementale, je ne suis pas sûr d’être le mieux à même de répondre avec précision sur le niveau d’avancement de ces projets.

Dans un autre registre, vous avez récemment posé la première pierre du collège Vercel de Dinan. Quelles sont vos ambitions sur le front éducatif pour le département ?

L’éducation est un pilier du projet républicain. Elle figure parmi nos priorités. C’est le sens de notre plan pluriannuel d’investissement dans les collèges qui vise à rénover, voire reconstruire parfois, un certain nombre d’établissements. Le but est de permettre aux collégiennes et collégiens de disposer des meilleures conditions d’apprentissage possibles.

Ce plan s’inscrit dans notre politique globale en faveur de la transition écologique et d’un aménagement durable et équilibré du territoire. Cela se vérifie par la dimension rénovation énergétique des bâtiments ou la végétalisation des cours bien sûr, mais aussi par notre choix que ce plan se fasse sans artificialisation supplémentaire pour répondre aux enjeux de sobriété foncière.

Nous avons aussi une dimension citoyenne dans notre politique éducation avec la création d’un mag’ des années collèges fait par et pour les collégiennes et collégiens. Il s’agit, par ce biais, de parler des sujets qui les touchent tout en développant leur ouverture sur le monde et leur esprit critique.

Nous avons également de lancer un conseil départemental des collégiennes et des collégiens pour les sensibiliser à la vie démocratique, à la vie de leur territoire. Le futur de notre démocratie se construit dès aujourd’hui. C’est le sens de cet engagement.

Quels sont les autres chantiers prioritaires auxquels vous allez vous atteler à horizon 2025 ?

Notre cœur de compétences est le social. Nos priorités sont ainsi la protection de l’enfance et l’autonomie (EHPAD, aide à domicile, handicap). Pour la première, nous avons augmenté le budget de 57 % depuis notre arrivée aux responsabilités tant les besoins sont importants.

Pour l’autonomie, la hausse est de 15 %. Nous poursuivrons en 2025 notre politique volontariste dans ces deux domaines. Le tout dans un contexte financier contraint car nos recettes sont en diminution face à des besoins sociaux qui augmentent.