La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), association de type loi de 1901, regroupe la totalité des sapeurs-pompiers civils français sans distinction de catégorie ou de grade à travers leurs amicales et unions départementales. Fédération nationale des officiers et sous-officiers de sapeurs-pompiers de France et d’Algérie à ses débuts, créée en 1882, elle n’a eu de cesse de se mobiliser pour que résonne toujours plus fort la voix des sapeurs-pompiers et que soient défendus leurs intérêts.
Le 18 septembre 1881, le Capitaine Charles-Auguste Michel, du corps de Vailly-sur-Aisne, réunissant pas moins de 93 officiers, venant de 18 départements différents, posait les fondations d’une organisation visant à unir les forces afin que soient défendus et rassemblés les intérêts des sapeurs-pompiers. Un an plus tard, le 17 septembre 1882 naissait officiellement à Reims la Fédération nationale des officiers et sous-officiers de sapeurs-pompiers de France et d’Algérie, qui évoluera très rapidement, puisqu’en moins de trois décennies, le 21 juillet 1907, elle compte déjà 85 000 adhérents. Evoluant au fil des mutations sociétales, elle n’a eu de cesse, quoi qu’association de loi de 1901 de faire retentir la voix des sapeurs-pompiers, d’améliorer leurs conditions de vie et de travail, tout autant que la qualité des secours. En 1997, lorsqu’elle devient la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), dirigée par des sapeurs-pompiers élus par leurs pairs, si un long chemin a été parcouru, elle s’inscrit dans une nouvelle dynamique, démultipliant actions et mobilisations.
Dès ses débuts, le Fédération s’illustre par sa capacité à faire entendre sa voix auprès des plus hautes instances étatiques afin d’améliorer à la fois les services de secours mais aussi les conditions de travail des sapeurs-pompiers.
Dès le début de XXème siècle, elle fait ainsi voter dans la loi de finances, une taxe sur les compagnies d’assurance contre l’incendie, qui sera répartie dans les communes dès le 1er janvier 1900 afin d’acquérir du matériel de lutte contre le feu.
Usant d’ores et déjà d’outils de communication modernes, elle organise des congrès annuels, à l’occasion desquels les sapeurs-pompiers débattent avec les représentants de l’État nationaux et notamment leur Ministère de tutelle, l’Intérieur. Parallèlement, les fabricants de matériels et d’uniformes présentent et exposent leurs dernières productions. Sans doute, les échanges avec les sapeurs-pompiers, qui mettent à l’épreuve au quotidien les matériaux proposés permettent-ils des avancées significatives en termes d’efficience et de sécurité.
Quoi que freinée dans son développement, par les deux guerres mondiales qui frappent l’Europe, les sapeurs-pompiers s’y illustrant par des actions héroïques, la Fédération n’en est pas moins citée à l’Ordre de la Nation pour l’engagement et le dévouement de tous ses membres durant la seconde guerre mondiale.
Entre ces deux conflits, elle poursuit néanmoins sa mobilisation, en faisant notamment réviser différents décrets statutaires. Ainsi, en 1925, l’un d’eux réorganise en profondeur les corps de sapeurs-pompiers communaux, qui deviennent civils alors qu’ils étaient précédemment armés.
Elle crée également un service médical, devenu aujourd’hui le Service de Santé et de Secours Médical (SSSM). Entre 1926 et 1938, son nombre d’adhérents passe de 125 000 à 178 000. Elle sera aussi à l’origine à l’Assemblée Nationale de la constitution, d’un groupe de défense des sapeurs-pompiers composé de trois députés, défendant sa volonté de départementalisation obligatoire. Déjà se dessinent les SDIS.
Le mandat du Commandant Pierre Collinet, qui sera Président de la FNSPF à partir de 1948, et ce durant 28 années, marquera un nouveau tournant tant pour la Fédération que pour l’organisation du corps des sapeurs-pompiers dans les territoires, mettant fin peu ou prou au centralisme parisien. Les régions sont plus que jamais représentées tandis que les congrès s’y organisent. La Fédération se mobilise autour de l’acquisition des motopompes par toutes les communes, de la création d’une commission médicale et lutte contre la militarisation exclusive des sapeurs-pompiers. Enfin, le décret de 1955 érige les services départementaux d’incendie et de secours en établissements publics départementaux, premier aboutissement d’un long combat.
Elle publie un livre blanc traitant de la prospective et de l’organisation future des services d’incendie et de secours, éveillant les consciences et préfigurant les lois de 1996 relatives aux services d’incendie et de secours et au développement du volontariat dans les corps de sapeurs-pompiers, qui seront adoptées grâce aux travaux de la FNSPF.
Avec l’arrivée du colonel Sibie à la présidence fédérale en 1976, une nouvelle ère se dessine en termes de statuts et de communication, avec l’adoption d’un nouveau règlement intérieur, d’une augmentation du patrimoine immobilier, un nouveau logo, ou encore la création d’un insigne des jeunes sapeurs-pompiers.
Il n’est point de hasard si la Fédération passe en une décennie de 146 500 membres actifs en 1977 à 190 000 en 1987.
Grâce à sa mobilisation auprès des pouvoirs publics, l’allocation de vétérance s’étend à l’échelle nationale, le volontariat se développe, tandis que naît enfin une école nationale des sapeurs-pompiers et qu’est enfin publiée une loi définissant clairement l’objet de la Sécurité civile.
Chaque Président de la Fédération laisse ainsi son empreinte, faisant avancer les causes défendues. Sous la présidence du Colonel Janvier, elle ouvre la voie à de nouvelles réformes. Suite à la publication, sans aucune concertation, de décrets sur la question des statuts des professionnels, 50 000 sapeurs-pompiers civils, professionnels et volontaires, manifestent à Paris le 1er décembre 1990. Véritable électrochoc, les pouvoirs publics sont contraints de prendre en considération les acteurs de terrain. Cette mobilisation aboutit à des avancées significatives, telles que la protection sociale des sapeurs pompiers volontaires ou encore la création d’une sous-direction des sapeurs-pompiers avec des sapeurs-pompiers.
En 1997, les statuts et le mode de fonctionnement de la Fédération évoluent et se démocratisent davantage. Présidents et administrateurs sont dès lors élus par les grands électeurs, au nombre de 405.
La dimension sociale et sociétale prend de l’ampleur. La Fédération désormais s’articule autour d’un pôle social regroupant le politique (FNSPF), le curatif (Œuvre des pupilles) et le préventif (Mutuelle nationale des sapeurs-pompiers) et la caisse nationale de secours, ces quatre structures mettant en commun leurs moyens au sein d’une Union d’économie sociale (UES), et ayant réuni leurs bureaux au sein de la Maison des sapeurs-pompiers.
Ainsi, en 141 ans, la Fédération n’a eu de cesse de faire évoluer les conditions d’exercice de ces femmes et ces hommes, qui dédient leur vie aux autres, de faire retentir leur voix, en tous lieux et toutes circonstances, afin que soit reconnu leur dévouement au service de la Nation et des Autres. Un immense chemin a été parcouru, tandis que se dessinent d’autres défi et enjeux, qui la trouvera toujours au rendez-vous.
La Fédération aujourd’hui
Au cœur d’un réseau de 7.000 amicales, 97 unions départementales, 4 associations ultra-marines et 13 unions régionales, la FNSPF regroupe plus de 277.000 adhérents, dont :
• 239.600 sapeurs-pompiers en activité (SPP, SPV et privés)
• 28.200 jeunes sapeurs-pompiers
• 53.094 anciens sapeurs-pompiers
• 11.300 PATS (personnels administratifs techniques et spécialisés)
• 2.637 bénévoles, volontaires civils et musiciens





