Petite enfance : de nombreux défis à relever

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À l’instar d’autres régions françaises, la Côte d’Émeraude n’échappe pas aux problématiques relatives au manque de places en crèches couplé à la raréfaction de personnels encadrants qualifiés.

Vieillissement de la population, raréfaction des places en crèche, concentration des actifs au sein des grands pôles… Diverses thématiques qui, comme mentionné en préambule, préoccupent pléthore d’élus dans l’Hexagone.

Ainsi, en Côte d’Émeraude, selon diverses données chiffrées, plus de 25 % de la population est âgée de plus de 60 ans. Une courbe qui devrait d’ailleurs continuer de grimper dans les années à venir. Du côté de la natalité, la donne est peu ou prou similaire, c’est-à-dire préoccupante.

Car même si l’on avait pu observer un regain des naissances – sur l’ensemble de la région Bretagne – en 2021 qui a suscité quelques espoirs, cela ne s’est guère confirmé par la suite.

En 2022, 31 100 bébés ont vu le jour en Bretagne, soit une diminution de 1 000 naissances par rapport au « pic » relatif de 2021. Une décrue qui s’est poursuivie en 2023, où seulement 28 900 bébés ont poussé leur premier cri en terre bretonne.

Ce qui signifie, plus prosaïquement, que sur l’ensemble du « cru » 2023, le taux de natalité en Bretagne s’est établi à 8,5 naissances pour 1 000 habitants, soit légèrement en dessous de la moyenne nationale française, celle-ci s’élevant à 9,9 ‰.

Au-delà de cette litanie de chiffres, et malgré la baisse de la natalité, paradoxalement, le manque de places en crèches et autres modes de garde alternatifs est légion.

En Côte d’Émeraude–comme ailleurs, cette problématique n’étant évidemment pas l’apanage du territoire – de nombreuses familles font face à des listes d’attente pour les crèches communautaires, ce qui pose un réel problème pour les parents qui travaillent. Cependant, du fait des 3 crèches communautaires existantes la situation est moins préoccupante que sur d’autres territoires.

En effet, la Côte d’Émeraude s’avère être particulièrement attractive, notamment auprès des jeunes actifs, ce qui peut expliquer en partie les manques de places disponibles.

Pédagogie et initiatives

Une situation qui a évidemment poussé les élus à prendre le problème à bras-le-corps, en soignant notamment l’aspect pédagogique. Ainsi, le relais d’assistantes maternelles (Relais Petite Enfance) informe les familles sur les modes de garde disponibles, soutient les assistantes maternelles et offre des ateliers aux enfants. Dans cette dynamique, un partenariat avec Dinan Agglomération a également permis la mise à disposition de 10 places à la crèche de Beaussais-sur-Mer.

Le recours aux micro-crèches a également été démocratisé. Ces structures, plus modestes qu’une crèche traditionnelle et accueillant jusqu’à 12 enfants, permettent de répondre à la demande croissante, notamment dans les petites communes. Une « alternative » non négligeable.

Autre proposition intéressante, le « réseau baby-sitting » de Pleurtuit – autre composante de la communauté de communes – permet de mettre en relation baby-sitters et parents, tous pleurtuisiens, qui cherchent un moyen de garde occasionnel pour leurs enfants.

Une initiative 100 % estampillée Côte d’Émeraude où il est possible d’avoir accès à une liste de personnes, âgées de plus de 16 ans, ayant une formation de base et s’engageant à respecter la charte du réseau.

Sur le front des infrastructures stricto sensu, là aussi, la CCCE a pris les choses en main, et la Communauté de communes a en charge la gestion de plusieurs établissements. Citons pêle-mêle : « Les Petits Matelots » à Dinard et ses 38 places disponibles, « Brind’ailes » à Pleurtuit qui peut accueillir 30 places, dont cinq réservées aux entreprises locales, la CCCE a délégué la gestion à une association de la crèche « La Courte Échelle » à La Richardais et ses 24 places, sans oublier « Moby Douce » avec 10 places réservées aux habitants de la CCCE.

Dans un autre registre, mais toujours avec cette volonté d’inclusion chevillée au corps, la Côte d’Émeraude attache un soin tout particulier à la formation de ses encadrants au handicap des jeunes enfants.

L’inclusion au cœur

Ainsi, le service Petite enfance de la Communauté de communes de la Côte d’Émeraude, en partenariat avec le Pôle ressources handicap 35, a organisé une « journée territoire » à Saint-Briac-sur-Mer le 27 mars dernier.

Cet événement avait pour ambition de sensibiliser les professionnels aux défis spécifiques liés à l’accueil des jeunes enfants en situation de handicap, tout en promouvant une approche inclusive pour ceux présentant des troubles du développement.

Ancrée dans l’ambition de créer un cadre plus accueillant dans une région en pleine mutation sociale, cette initiative est résolument fidèle à la volonté de la CCCE de ne laisser personne sur le bord du chemin et de permettre à tous les enfants d’être accueillis sereinement. Elle vise également à offrir aux parents une tranquillité d’esprit en confiant leurs enfants à des professionnels expérimentés.

Dans un contexte où la démographie locale évolue rapidement et où le besoin en infrastructures adaptées se fait de plus en plus pressant, la Côte d’Émeraude s’engage sur la voie de l’inclusion et du soutien aux besoins des familles. De toutes les familles.