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Pierre-Frédéric Billet, Maire de Dreux, premier Vice-président de l’Agglo du Pays de Dreux

Deuxième ville du département après Chartres, et proche de la capitale, Dreux fut un carrefour majeur dans l’histoire de France. Cité jadis plutôt bourgeoise, sa population se modifia sensiblement à l’ère de l’industrialisation, puis connut des décennies compliquées aux temps de la désindustrialisation et de son lot de problématiques, ternissant l’image de la ville. Au cœur de la pandémie, nombre d’habitants d’Ile-de-France, en quête d’espace et de douceur de vivre, vinrent s’y installer et ce mouvement se poursuit. Avec 31.000 habitants, la cité renaît, redevenant un pôle attractif, renouant avec sa belle identité et son rayonnement, dans une dynamique insufflée par un maire amoureux de sa ville, qui entend la tourner résolument vers un futur florissant.

Vous avez été élu Maire de Dreux en 2020, quelle était votre feuille de route ?

Je suis né à Dreux, j’y ai bâti ma vie. Mes trois enfants y sont scolarisés. C’est une ville à laquelle je suis viscéralement attaché, que je connais intimement et que j’ai portée dans les hautes sphères notamment lorsque j’étais directeur de cabinet de Gérard Hamel, qui m’a passé le flambeau.

Lorsque je me suis présenté aux élections municipales, indépendamment de toute appartenance politique, je souhaitais rassembler autour d’un projet, qui parle à toutes celles et ceux qui savent les talents et atouts de ce territoire, ses potentiels à développer, ses milles et unes facettes. M’ont ainsi rejoint à la fois des « marcheurs » mais aussi des personnes du « centre gauche ». La politique que l’on mène au niveau local se doit d’être construite autour et avec les acteurs de terrain. Elle s’inscrit dans une dynamique de dialogue et de consensus, avec comme défi majeur commun, le développement durable du territoire et l’amélioration continue du cadre de vie.

Très clairement, ma vision a toujours été de tirer Dreux vers le haut, de l’inscrire dans un devenir résolument durable. Il n’est point de hasard si mon programme Dreux 2020 s’intitulait : « Ensemble bâtissons demain ».

Telle est ma feuille de route. Mon équipe et moi-même bâtissons les fondations pour l’avenir de Dreux, qui vont du développement des mobilités douces, à la dynamique économique, en passant par la conduite de grands projets structurants.

Trop longtemps, la ville a été plus connue en France pour ses quartiers en difficulté que pour sa beauté et ses atouts. Longtemps, elle a pâti d’une très mauvaise image. Il faut rendre ici hommage à mon prédécesseur Gérard Hamel, qui inlassablement, pendant plus de deux décennies, est parvenu à la métamorphoser en se concentrant notamment sur le bien-être de ses concitoyennes et concitoyens.

Pouvez-vous nous présenter Dreux, loin des idées reçues ?

Dreux plonge ses racines dans plus d’un millénaire d’histoire. De la bourgade de Durocassium, capitale de la tribu gauloise des Durocasses, à la ville du domaine royal et son château, son patrimoine historique reste omniprésent.

La mairie qui se situe dans une magnifique bâtisse néo-Renaissance en est un témoin fort et son cœur historique palpite plus que jamais. De par sa situation géographique privilégiée, aux portes de la Normandie, de l’Île-de-France, de la Beauce, elle fut et reste un carrefour majeur, avec une parfaite desserte en termes de transport, qui s’est d’ailleurs développée, la SNCF ayant démultiplié ses trajets vers la capitale.

Et avec la Région, nous mettrons en place un billet unique Dreux-Paris en septembre 2025. Dreux est aujourd’hui une ville où il fait bon vivre, dotée d’infrastructures et d’une offre de services de qualité.

Lors de ce premier mandat , vous avez dû faire face à une crise sanitaire sans précédent. Comment êtes-vous parvenu à la surmonter ?

La pandémie a bien évidemment eu un coût important sur notre budget puisqu’il a été chiffré pour nous à plus de 3 Millions d’euros. Paradoxalement, elle a été un formidable accélérateur, décuplant son attractivité.

Avec le confinement et les nouvelles méthodes de travail à distance, nombre de personnes qui habitaient en Ile-de-France sont venues s’y installer, trouvant ici tout ce qu’elles recherchaient : la proximité avec la capitale avec un cadre de vie paisible ou encore de l’espace à des prix moindres. Les faits sont là.

Il n’y a plus une maison à vendre sur la commune et alentours. Par la même le profil de la population a changé. Nous avons assisté à une migration d’habitants de l’Ile-de-France, issus de milieux moyens ou aisés vers notre territoire.

La pandémie nous a donc fait plus que jamais poursuivre notre feuille de route avec la nécessité de nous adapter très vite aux besoins de cette croissance démographique, en créant par exemple des classes supplémentaires. Parallèlement, nos ressources municipales se sont développées.

Qu’en est-il des implantations d’entreprises ?

Notre zone d’influence économique, en raison notamment de la présence de grandes entreprises entre autres pharmaceutiques, s’étend au-delà de notre territoire. Les demandes d’implantation sont bien évidemment à la hausse, mais nous sélectionnons avec attention les projets.

Nous privilégions ceux à forte valeur ajoutée et créateurs d’emploi, ce qui est un enjeu essentiel dans une ville qui a beaucoup souffert à cet égard. Et surtout nous accompagnons du mieux possible celles qui sont déjà là dans leur développement.

C’est ainsi que les thés Dammann Frères construisent leur nouvelle unité de production mondiale à Dreux pour 37 millions d’euros et que les entreprises de La Pharma investissent 100 millions d’euros dans leurs agrandissements et l’investissement en recherche et développement.

Vous êtes Membre de la Commission Développement économique, Fonds européens, Économie Sociale et Solidaire Numérique de la Région. A quel niveau intervient-elle aux côtés de Dreux ?

La Région apporte de nombreuses aides aux communes dans les sphères de compétences qui lui sont propres. Il me semblait donc évident de pouvoir être partie prenante, d’être au cœur des informations et de l’action, et de faire entendre la voix de ma ville.

Qu’en est-il de l’État ?

Tout soutien est important. A titre d’exemple, si la crise sanitaire a entraîné un ralentissement des investissements, la Ville a bénéficié du plan France Relance qui participe notamment à la métamorphose de notre cœur de ville. Autre exemple, l’État a des exigences dans la rigueur de la gestion financière et vu que nous sommes bons élèves, nous avons bénéficié d’une dotation supplémentaire de 2,2 millions d’euros en 2023.

Quelles sont aujourd’hui vos principales échéances ?

Dreux est en métamorphose et se doit de développer inlassablement son attractivité et sa qualité de vie, dans tous les secteurs essentiels à la vie de la Cité. Il y a quelques décennies, Dreux était un choix par défaut, qui n’attirait pas les promoteurs. Il fallait aller les chercher. Aujourd’hui, nous avons la liberté de sélectionner, d’être exigeants. Dreux est perçue comme une opportunité, un choix de vie.

Nous nous devons de préserver et développer sa qualité de vie. Le futur de Dreux passe aussi par la redynamisation de son cœur de ville, aussi bien avec le pavement des rues piétonnes que la mise en valeur et la restauration de notre patrimoine, à commencer par l’église Saint-Pierre pour laquelle nous engagerons plusieurs millions d’euros à partir de 2025. Il nous faut le faire battre à la fois pour les Drouais de longue date mais aussi pour ceux qui viennent de s’y installer. Cela passe bien évidemment par la vitalité des commerces qui profiteront notamment de la réalisation de près d’un millier de nouveau logement dont la plupart proche du centre.

Aujourd’hui, à Dreux, se mêlent populations aisées et milieux plus modestes. La pandémie a créé une nouvelle mixité entre les habitants, vers laquelle je souhaite tendre davantage en rééquilibrant par exemple notre pourcentage de logements sociaux de 36 %, très élevé par rapport à la moyenne nationale.

La qualité de vie pour toutes et tous est un enjeu majeur de mon mandat. Elle passe par les services essentiels pour les habitants.

Ainsi, à l’ère de la désertification médicale, et de la nécessité d’un accès aux soins inclusif, nous portons à l’horizon 2025, le colossal chantier de la reconstruction du centre hospitalier de Dreux, qui concerne pas moins de 140.000 habitants, enjeu de santé public majeur s’il en est, témoignant du rôle essentiel de notre commune au-delà de ses murs. Cela représentera un investissement de l’ordre de 250 millions d’euros.

Je porte de fait avec mon équipe d’importants projets structurants, qui visent à faire de Dreux un pôle d’attractivité majeur. Je citerais notamment la réhabilitation de l’ancien sanatorium de Dreux, portée par Histoire & Patrimoine.

Après un classement du site par les Monuments Historiques, nous venons de le céder à Histoire et Patrimoine pour 950.000 € A l’horizon 2025, ce poumon vert exceptionnel d’une quarantaine d’hectares, sera un reflet de la métamorphose de Dreux. Il propose 228 logements, du duplex aux appartements familiaux spacieux, en passant par les maisons d’angles et créera 90 emplois.

Ce projet de 100 millions d’euros porte en lui toutes les valeurs auxquelles je suis attaché.Il préservera l’identité des lieux en conservant le bâti ancien, sera riche d’une belle mixité intergénérationnelle, entre actifs et retraités, jeunes et aînés, ville et extérieurs, parents et célibataires. L’objectif est bien évidemment d’attirer les Parisiens en quête d’un cadre de vie de qualité non loin de la capitale, pour quelques jours ou plus longtemps.

C’est le plus gros investissement privé que Dreux ait connu. Il fait partie aussi de notre volonté de faire d’elle un haut lieu du tourisme, de partir à la découverte de nos trésors et de ceux du Pays de Dreux. Entre ses évènements, son patrimoine historique et naturel, du château d’Anet en passant par la Chapelle royale, le superbe plan d’eau d’Ecluzelles et plus loin Maintenon, mais aussi notre trame bleue, la Blaise, qui traverse la cité, nous avons tous les atouts d’une destination touristique privilégiée.

L’exemple du pôle de Loisirs de Dreux, Otium, que j’ai eu le plaisir de mener à bien en amont de ce mandat, un projet de 40 millions d’euros, qui crée pas moins de 350 emplois est un exemple fort de nos atouts et potentiels. Il rayonne au-delà du territoire, avec un accès facile et un flux continu de visiteurs par sa proximité des grands axes routiers. La patinoire et le bowling à eux seuls attirent des milliers de personnes chaque semaine.

Dreux a entamé sa mue. Ce n’est que le début d’une nouvelle histoire.