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Soumis aux aléas de la nature avec notamment des risques d’inondation au sein de certaines communes au premier rang desquelles Lancieux, la Communauté de Communes prend des mesures pour préserver son territoire et rassurer les habitants.

« La nature a ses lois et elle finit toujours par reprendre ce qui lui appartient ». Une lapalissade, de prime abord, mais qui semble désormais faire office de constat au sein de la ville de Lancieux, confrontée depuis de nombreuses années à un risque accru d’inondation sur une partie de son territoire.

En cause : une position géographique qui accentue le risque d’inondation, avec une partie de son territoire composée de zones basses proches de la mer et de l’estuaire du Frémur. « La mer est presque arrivée au pied de ma maison lors des grandes marées.

On pouvait presque prendre un bain », relatait, incrédule, en 2022, un habitant de la baie de Lancieux dans les colonnes du Point. Pour rappel, la baie bretonne est classée en zone Natura 2000 et fait l’objet, depuis maintenant plusieurs siècles, d’une confrontation épique entre l’homme et l’océan, puisque dès le XIIIe siècle, un groupe de moines fut à l’initiative de la construction d’une digue.

Insuffisant néanmoins pour contrecarrer les ambitieux desseins de la mer, qui a repris plusieurs centaines d’hectares de terres agricoles.

Plusieurs siècles plus tard, la commune de Lancieux figure en bonne place au sein du Plan de Prévention des Risques Littoraux (PPRL) mis en place par la préfecture des Côtes-d’Armor. Dans le détail, ce plan identifie les zones à risque et définit les mesures à prendre pour limiter les constructions et protéger les populations.

En outre, il permet d’imposer des contraintes sur les nouvelles constructions pour éviter que celles-ci ne voient le jour au sein des zones à risque, et, de facto, réduire l’exposition aux inondations. Si la préfecture tente de juguler les risques, la communauté de communes Côte d’Émeraude (CCCE) n’est pas en reste, disposant de la compétence dite « GEMAPI », une prérogative spécifique aux intercommunalités.

Protection et responsabilité(s)

Ainsi, cette responsabilité incombe aux intercommunalités, en l’occurrence ici celle de Côte d’Émeraude, avec l’aménagement des bassins versants pour prévenir les risques d’inondation en amont et en aval. Construction et entretien des ouvrages de protection : digues, barrages et autres infrastructures destinées à protéger les populations et les biens des crues et des submersions.

Un combat inévitable aux yeux des principales parties prenantes sur ces problématiques, notamment l’entretien des digues, au sein de la CCCE.

Le travail est donc engagé avec notamment la question du trait de côte 1er élément pour élaborer une politique réfléchie pour les années futures.

Le Vice-Président Michel Penhouët, en charge des thématiques environnementales au sein de la Communauté de communes et maire de Saint-Lunaire, expliquait dans les colonnes du quotidien Ouest-France :

« Cette question des digues est un héritage compliqué. Il va falloir imaginer des moyens de protection et parfois de relocalisation des habitants. Le combat contre la mer s’annonce délicat. » Un constat empreint de réalité d’un territoire soumis à rude épreuve climatique, et qui ne concernera pas, à terme, la seule commune de Lancieux.

Le Président de la CCCE lui-même, Pascal Guichard, rappelle l’impérieuse nécessité de tout mettre en œuvre pour préserver les littoraux : « La question de l’endiguement se posera partout sur la côte. Est-ce que nous pourrons protéger et conserver toutes nos digues ? L’avenir nous le dira. »

Pour autant, la côte d’Émeraude continue d’être à la manœuvre et n’envisage pas d’adopter une position attentiste. « On peut reculer, mais à un moment donné, il faut aussi se défendre », rappelait Michel Penhouët dans Le Point. Face aux caprices des éléments, la côte d’Émeraude n’a d’autre choix que de renforcer ses digues et sa détermination, car c’est la nature qui dicte le tempo.