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Pierre-Frédéric Billet, Maire de Dreux

« Elle s’entraînait à quelques kilomètres d’ici comme elle pouvait, avec ce qu’elle avait. Elle représente un tel modèle de courage et d’abnégation que je n’ai pas hésité une seconde.» Pierre-Frédéric Billet, Maire de Dreux

Les parents de Véni Mangeiarasi Murugan espéraient que leur enfant soignerait sa sévère scoliose en l’envoyant en France. La fillette avait 6 ans lorsqu’elle a quitté l’île Maurice mais, quatre ans plus tard, une erreur médicale la rend paraplégique. Clouée dans un fauteuil à 10 ans, loin de sa famille, d’autres se seraient effondrés. Véni, elle, s’est battue.

La première bataille a été d’abord de réussir sa vie professionnelle. Elle rêvait de devenir esthéticienne… Elle a trouvé une école… Son diplôme en poche, elle s’est mise à son compte et se dédie aux personnes en situation de handicap. Le confinement pendant le Covid a été un autre déclic :

« J’adore faire du sport et là, on nous empêchait de sortir. J’ai forcé la porte ».

Rien n’arrête Véni.

À 33 ans, elle découvre la course en fauteuil roulant. Son équipement est rudimentaire mais, quelques mois plus tard, elle décroche pourtant le titre de championne de France de semi-marathon. Alors, elle se prend à rêver aux Jeux de Paris 2024 :

« Je ne lâche jamais », prévient Véni.

Puis Pierre-Frédéric Billet, le maire de Dreux, lui donne un élan inattendu :

« Elle s’entraînait à quelques kilomètres d’ici comme elle pouvait, avec ce qu’elle avait. Elle représente un tel modèle de courage et d’abnégation que je n’ai pas hésité une seconde. Nous lui avons ouvert les portes de notre piste d’athlétisme pour s’entraîner en sécurité et plus efficacement, et nous avons trouvé le budget qu’il lui manquait ».

Une fauteuil de para-athlète sur mesures coûte 20.000 € :

« Nous lui avons accordé une subvention de 10.000 € et, avec notre Mission Locale, nous avons mobilisé l’association Flavien CGAT pour collecter des dons auprès d’entreprises. Les entreprises ont bien joué le jeu et, en quelques semaines, les 20.000 € étaient réunis ».

Véni et la Ville n’ont pas lâché. La para-athlète filait à 14 km/h sur son fauteuil il y a un an. Aujourd’hui, elle frôle les 30 km/h :

« Je ne me mets aucune limite ».

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