Il est de la magie… Et beaucoup d’humanité

Par

Isabelle Richard, Rédactrice en chef, La Voix du Parlement

À l’heure où nous peaufinons les derniers détails du dossier que nous avons souhaité dédier aux Jeux Olympiques et Paralympiques 2024, la première torche du Relais de la Flamme Olympique des JO de Paris 2024 a été allumée le mardi 16 avril à Olympie.

Merci à vous toutes et tous, qui éclairez nos pages et les rendez lumineuses en portant au plus profond de vous la Flamme de l’Olympisme de quelque façon que ce soit !

Déjà, la magie a opéré, nous guidant sur les chemins d’une Grèce Antique révolue… ou pas… Qui a laissé pourtant son empreinte indélébile dans ceux que nous parcourons aujourd’hui.

Les tenues des prêtresses d’Héra ont été créées par la styliste grecque Mary Katrantzou… Ici se mêlent tradition et modernité, Grèce Antique et ère contemporaine, dans lesquelles exultent ces « colonnes grecques » qui ont fasciné tant de civilisations.

Jadis, jusqu’à ce que les Jeux Olympiques reviennent à Olympie tous les quatre ans ; les prêtresses d’Héra, tissaient un manteau pour la déesse avant de faire jaillir la Flamme à l’aide des rayons du soleil dans ce rituel unique, qui a traversé les millénaires jusqu’à nous, pour que cette cérémonie dans le sanctuaire d’Olympie du 16 avril soit à l’identique ou presque.

Il est de la magie dans ces gestes immuables transmis, inlassablement … de siècle en siècle, de millénaire en millénaire, de civilisation en civilisation. Il est de la magie dans cette flamme que l’on veille et qui traverse la mer, dans cette Flamme que l’on transmettra de main en main, de territoire en territoire, comme un bien précieux, symbole peut-être d’une humanité à même de veiller sur elle-même, de se préserver, de transmettre les valeurs qui font sa grandeur, et de laisser vivre la flamme.

Le 8 mai, après douze jours en Méditerranée à bord de l’historique trois mats Le Belem, la Flamme Olympique est entrée dans le Vieux-Port de Marseille, accompagnée par une incroyable armada maritime de centaines d’embarcations, répondant en écho à l’immense ferveur populaire de la cité phocéenne.

C’est un vaste périple de plus de plusieurs mois qui commence à travers les contrées de France, sans oublier ses territoires aux horizons lointains et pourtant si proches. Elle franchira les Océans, de l’Atlantique au Pacifique ou de l’Indien, partant à la rencontre des terres de la Guyane, de la Nouvelle Calédonie, de la Polynésie française, de la Guadeloupe et de la Martinique. Elle franchira les fleuves et rivières, les monts et les vallées, viendra lumineuse, éclairer paysages et châteaux, percer les secrets bien gardés jusqu’aux grottes … aux allées de Lascaux.

Il est une magie qui fascine, et vous gagne, presque à votre insu.

100 ans. Un siècle que nos terres de France attendaient ces Jeux. Depuis 1924, une guerre mondiale assassine est venue meurtrir la nation et les peuples alentours. Jadis, il était une trêve sacrée, durant les jeux…

À l’heure où la guerre est à nos portes, où tant de peuples ailleurs, lointains ou proches, souffrent des conflits qui font couler le sang, plus que jamais ces Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024 portent en eux ces valeurs symboliques d’une paix, qui se devrait d’être sacrée pour toutes et tous, partout sur notre planète.

Au fil des rencontres et des échanges menés pour construire ce dossier, un fil rouge s’est dessiné, reliant les femmes et les hommes qui ont ouvert leur savoir et parfois leur âme, leur cœur. Ce fil rouge parle de paix, d’harmonie, d’humanité, d’humanisme, avec enthousiasme et sincérité. Sa mélodie chante l’espoir, la réconciliation, l’avenir.

Ici aussi a opéré la magie, dans cette bienveillance infinie, cette mobilisation à mes côtés pour porter les voix de ces Jeux, qui je le sais, résonneront dans des tonalités colorées et flamboyantes, comme vous l’avez voulu, pensé, rêvé, sans jamais ménager votre peine, comme dans lesquelles l’humanité se dépasse pour le meilleur et seulement le meilleur…

Ces JOP2024 sont ambitieux, exigeants… portés par des femmes et des hommes tout aussi ambitieux et exigeants à l’encontre d’eux-mêmes, que ce soit les membres du COJO Paris 2024, qui leur ont donné un souffle profondément humaniste et responsable, loin de toutes les idées reçues, ou toutes celles et ceux qui de près ou de loin se mobilisent pour ces Jeux.

Leur quête est absolue.

Cette quête dessine une aube nouvelle, dans laquelle le repli sur soi laisse la place à l’ouverture, la fraternité, l’inclusion, olympisme et paralympisme ne font qu’un, dans laquelle la société fracturée se rassemble, s’unit, se reconstruit avec la volonté d’aller de l’avant, d’apprendre à l’autre et par l’autre, dans laquelle la protection de la planète n’est pas un rêve, mais une réalité, loin de tout individualisme, qui offre aux générations futures une terre où sociétés humaines et nature préservée se conjuguent et se développent en harmonie.

Comme la Flamme Olympique, ces jeux illuminent les ombres de la terre, font jaillir la lumière dans l’obscurité. Ils commencent dans la joie et la ferveur, l’émotion des instants de bonheur partagé, d’un peuple qui vibre à l’unisson et transmet au monde sa ferveur pour qu’il vibre lui aussi… A l’unisson et se souvienne que l’on peut vivre heureux dans un monde de paix, en harmonie avec les éléments, et que l’autre, loin d’être un ennemi, peut apporter beaucoup.

Il est dans l’organisation de ces Jeux une vraie magie et beaucoup d’humanité qui porte les valeurs du sport à leur paroxysme, à ce qu’il y a de plus beau, ouvrant le champ de tous les possibles.

Ils laisseront leur empreinte dans la société de demain telle que nous la voulons… Il ne suffit pas de l’élan de quelques uns pour la bâtir. Elle nous concerne toutes et tous.

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