JOP 2024 : les Jeux de toute la Seine Saint-Denis ?

Par

Pierre Bornand, Adjoint au Maire de Noisy-le-Grand, en charge des Sports et des Jeux Olympiques

« À l’issue des JOP 2024, « l’effet soufflé » ne doit pas retomber et les décideurs publics doivent saisir collectivement l’opportunité de maintenir des moyens importants, en créant un « Fonds Héritage Paris 2024 »

Depuis maintenant plus de 6 ans, pratiquement depuis que la candidature française a été retenue par le Comité International Olympique à Lima en 2017, on nous parle des Jeux de Paris 2024 avec en « sous-titre » les Jeux de la Seine Saint-Denis.

C’est toujours louable en effet de se servir de ce type d’évènement planétaire pour venir (tenter de) corriger des inégalités spatiales constatées, héritage du temps long et de la révolution industrielle, sur nos grandes métropoles mondiales. Les Britanniques lors des Jeux de Londres en 2012 avaient eux aussi fait des promesses pour le quartier de Stratford, défavorisé dans le Nord de Londres. Sans pouvoir les tenir pleinement.

Les Jeux Olympiques auront un impact indéniable et symbolique … Un impact sur l’emploi avec 180 000 emplois induits en Seine Saint-Denis, même s’il est difficile de dire qu’ils auront un effet de rebond sur l’emploi du territoire au lendemain des Jeux. C’est toujours cela de pris !

Un impact sur l’accessibilité dans les transports avec un rappel aux opérateurs de transports publics sur le retard considérable que nous y avions pris. La prise de conscience est là, espérons que le plan d’action suivra y compris après les Jeux.

Ne relâchons pas l’effort !

Un impact symbolique pour certaines communes défavorisées du Département qui recevront en héritage des équipements sportifs pour la pratique de tous après les Jeux. Et tant mieux pour elles !

… mais pas pour toute la Seine Saint-Denis.

Ce qu’on aura investi en Seine Saint-Denis en argent public et olympique, on l’aura investi à l’Ouest du 9-3, sur Plaine Commune, là où on a déjà créé le Stade de France à l’approche de la Coupe du Monde de 1998.

L’Est de la Seine Saint-Denis n’aura que peu bénéficié de moyens supplémentaires. Pourtant, nos territoires ne sont pas exempts de difficultés et d’un besoin fort d’investissements sportifs, face à un parc d’installations vieillissant et en nombre insuffisant pour satisfaire la demande.

Les communes doivent s’emparer de cet enjeu majeur. Par exemple dans ma Ville de Noisy-le-Grand, nous consacrons près de 30 millions d’euros (sous ce mandat 2020-2026) à des investissements structurants sur nos installations sportives, ce qui est à la fois ambitieux mais insuffisant par rapport à l’importance de nos besoins, dans une ville jeune, active et sportive.

L’opportunité de levier : poursuivons l’effort une fois les Jeux terminés !

À l’issue des JOP 2024, « l’effet soufflé » ne doit pas retomber et les décideurs publics doivent saisir collectivement l’opportunité de maintenir des moyens importants, en créant un « Fonds Héritage Paris 2024 » par exemple avec une partie des recettes publicitaires des Jeux, pour poursuivre l’effort et corriger le sous-équipement de toute la Seine-Saint-Denis.

Dans l’esprit de Pierre de Coubertin et des fondateurs des Jeux, cet évènement planétaire devait avoir un impact sur nos jeunes, leurs pratiques et leur santé.

Quel meilleur impact que de profiter de l’après jeux pour poursuivre un plan d’investissement ambitieux pour le Sport dans le Département le plus jeune de France ?

Si l’on veut pouvoir parler (vraiment) des Jeux de la Seine-Saint-Denis, c’est un rêve que nous pouvons faire ensemble, Madame la Ministre, Monsieur le Président ESTANGUET !