« On ne va pas se défiler ! », est une grande parade artistique de la Seine-Saint-Denis qui aura lieu le 23 juin 2024 entre Aubervilliers et Pantin, une parade que nous construisons avec les jeunes habitantes et habitants accompagnés de 13 artistes depuis maintenant deux ans. Elle rassemble plus d’un millier de jeunes amateurs du territoire qui défileront ensemble pour un moment que l’on souhaite avant tout festif et fédérateur. »
Pouvez-vous nous décrire le projet d’Olympiade Culturelle que vous coordonnez en Seine-Saint-Denis ?
« On ne va pas se défiler ! », est une grande parade artistique de la Seine-Saint-Denis qui aura lieu le 23 juin 2024 entre Aubervilliers et Pantin, une parade que nous construisons avec les jeunes habitantes et habitants accompagnés de 13 artistes depuis maintenant deux ans. Elle rassemble plus d’un millier de jeunes amateurs du territoire qui défileront ensemble pour un moment que l’on souhaite avant tout festif et fédérateur.
Le projet est mené par le collectif La Beauté du Geste, qui rassemble huit structures culturelles du département labellisées par le Ministère de la Culture que nous dirigeons : le Théâtre Louis Aragon à Tremblay-en-France, le Théâtre Public de Montreuil, le Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis, l’Espace 1789 à Saint-Ouen, la Maison des Jonglages et le Centre Culturel Houdremont à La Courneuve, le Centre National de la Danse à Pantin, le théâtre de la Commune à Aubervilliers et la Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis à Bobigny.
Depuis combien de temps êtes-vous mobilisé autour de ce projet ?
En tant que structures culturelles implantées sur le territoire nous avons été invitées par le Département de Seine-Saint-Denis dès 2017, à l’aube de l’Olympiade Culturelle, à proposer chacune une création pour l’occasion.
Pour nous, il faisait sens de se réunir pour valoriser ensemble le dynamisme culturel de ce territoire, qui est au cœur de notre travail et qui nous rassemble. La période de crise sanitaire et les difficultés que nous avons partagés à ce moment-là en tant que lieux culturels nous ont donné d’autant plus l’envie de créer ensemble et de souligner la capacité de la culture pour rassembler et créer un espace des possibles.
Notre réflexion collective s’est rapidement tournée vers la jeunesse, qui a particulièrement souffert de cette période d’isolement et pour laquelle nous voulions créer un moment de communauté et de découverte. La jeunesse du territoire a aussi cette particularité qu’elle souffre régulièrement d’une perception dévalorisante.
Nous avons pu observer à notre endroit à quel point le contexte sociétal et politique de méfiance peut être anxiogène pour cette jeunesse multiculturelle. Pourtant, la Seine-Saint-Denis est le département qui rassemble le plus de jeunes de moins de 25 ans en France Métropolitaine : cette jeunesse certes fragilisée par les difficultés économiques et structurelles est celle qui forgera la société de demain.
Qui rassemble-t-elle ?
Elle rassemble plus d’un millier de jeunes amateurs du territoire qui défileront ensemble pour un moment que l’on souhaite avant tout festif et fédérateur. Nous souhaitions que ce geste de création soit celui d’artistes invités dans chaque structure. Chaque maison a donc confié à un ou plusieurs artistes la conception et la réalisation de son segment.
Depuis 2022, ces artistes mènent des ateliers réguliers avec des groupes de jeunes amateurs volontaires. Accompagnés par les équipes de relations avec les publics, ils ont aussi mobilisé les relations que nous entretenons avec les institutions et associations qui maillent et font vivre le territoire : conservatoires, collèges, lycées, Instituts Médico-Éducatifs, clubs de sports, associations de danse… ainsi qu’avec nos communes.
Nous sommes attachées à l’horizontalité des décisions collectives mais aussi aux particularités de nos lieux de création, nous avons donc choisi de ne pas nommer de direction artistique mais de laisser la liberté aux artistes de créer sans contrainte pour donner naissance à une parade pluridisciplinaire, variée et originale.
Comment a-t-il évolué ?
Chacun des 13 segments qui représentent nos huit structures et villes ont été élaborés sur des temporalités différentes : les premiers ateliers de création ont commencé il y a deux ans, et les derniers commenceront à la fin du mois d’avril.
En quoi est-il porteur de sens pour la Seine-Saint-Denis ?
Ce projet permet de célébrer le dynamisme et la richesse de ce territoire. C’est la Seine-Saint-Denis que le Comité Olympique a choisi comme terre d’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 (on pense au Stade de France, au Centre Aquatique, au Village des Athlètes…).
Mais au-delà de ces infrastructures qui laisseront un héritage matériel, nous souhaitons valoriser un héritage artistique traversé par les habitantes et les habitants. Cet évènement culturel participatif va permettre de montrer au monde le visage de celles et ceux qui vivent et grandissent ici, une jeunesse internationale, à l’image des Jeux. Nous souhaitons célébrer la créativité de ces jeunes.
Quel sera à votre avis son héritage ?
La question de l’héritage est justement au cœur du sens que nous donnons à l’événement. En construisant ce projet en collectif, à partir de nos structures de taille et aux missions distinctes : scènes nationales, centres dramatiques nationaux, scènes conventionnées et établissements publics nationaux… nous démontrons l’importance et le plaisir pour les structures culturelles de travailler collectivement.
Si depuis toujours nos équipes travaillent sur le terrain, au plus proche des habitant.e.s et du tissu associatif, cette expérience commune donne une place privilégiée aux échanges de bonnes pratiques, à l’intelligence collective et au partage des ressources professionnelles.
Sans faire fi des particularités de nos structures, nous faisons une force de nos différents atouts qui se complètent. Nous savons que la solidarité est une chance.
Chaque jour, nous nous engageons en tant que structures culturelles pour rendre un service public de l’art et de la culture à la population de notre territoire, c’est l’essence même de nos métiers.
Si ce projet peut donner un aperçu de ces missions essentielles et être la preuve de l’importance de donner les moyens à la Seine-Saint-Denis de protéger cet écosystème précieux, ce sera un bel héritage.
Quel sera son point d’orgue ?
Le point d’orgue sera bien sûr le jour du défilé, le 23 juin à 16h. Ce sera à la fois la première fois que nous défilerons tou.te.s ensemble en même temps, mais aussi notre première rencontre avec le public.






