JOP2024 : un tournant dans l’histoire de Paris.

Entretien avec

Anne Hidalgo, Maire de Paris

« Pour nous, les Jeux ont commencé bien avant les épreuves et continueront à vivre bien après grâce aux nombreux héritages qu’ils légueront aux habitantes et aux habitants. »

Il y a 7 ans, l’annonce de la confirmation de la tenue des JO 2024 à Paris vous a profondément émue. Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?

Je suis toujours aussi émue et même de plus en plus, à quelques semaines désormais des Jeux de Paris. C’est quelque chose qui n’arrive qu’une fois dans une vie ! Dans l’histoire des Jeux Olympiques j’ai la chance unique d’avoir été la Maire qui a porté la campagne avec l’équipe autour de Tony Estanguet, pour faire gagner Paris, et qui va les vivre cet été toujours en tant que Maire. C’est sans précédent.

Je suis aussi très fière de voir le chemin parcouru tous ensemble ces sept dernières années. C’est sans doute aussi cela l’esprit olympique. Aujourd’hui, nous sommes prêts pour accueillir les visiteurs venus du monde entier pour découvrir notre ville, célébrer les performances des athlètes, vibrer au rythme du sport et profiter de cette grande fête populaire.

C’est formidable d’assister à l’aboutissement de ce long travail qui a permis d’accélérer la transformation de la capitale, de voir se concrétiser ce que nous avions pensé en bâtissant la candidature des Jeux de Paris.

C’est une joie intense et une grande fierté d’inaugurer avec les habitants des quartiers les nouveaux sites et ceux que nous avons rénovés et rendus accessibles pour les Jeux. Je pense à l’Arena de la Porte de la Chapelle. Quelle transformation !

Merci, un immense merci à l’ensemble des partenaires et les équipes impliquées dans l’organisation des Jeux : cette réussite est avant tout collective.

Quelles ont été les étapes de la préparation de Paris pour cet immense événement ?

Dès le départ, nous avons souhaité que les Jeux changent la vie des habitants, que ce soit à Paris ou en Seine-Saint-Denis. Thomas Bach, le Président du CIO, m’avait donné un conseil très précieux : être prêt un an avant. C’est ce que j’ai dit à mes équipes.

Pour nous, les Jeux ont commencé bien avant les épreuves et continueront à vivre bien après grâce aux nombreux héritages qu’ils légueront aux habitantes et aux habitants.

La victoire à Lima en 2017 n’était que le début d’un travail formidable pour rendre concrètes nos promesses, celle d’une cérémonie d’ouverture sur la Seine, celle de la construction, dans les temps et avec un coût maîtrisé sans rien renier de nos ambitions écologiques, de toutes les infrastructures nécessaires grâce à la SOLIDEO.

En ce qui concerne la ville de Paris, une des étapes majeures a été de planifier et déployer avec l’État et toutes les collectivités le chantier titanesque de la baignade dans la Seine. Nous y sommes parvenus.

Tout ce que nous avons prévu depuis plusieurs années est en train de se concrétiser. La dernière étape sera de partager ce moment de fête avec le monde entier.

Quels en sont les enjeux et défis majeurs ?

Nous devons être à la hauteur et offrir des Jeux spectaculaires et populaires. Les attentes sont immenses, ce que nous avons à offrir l’est aussi.

La beauté de Paris, la richesse de notre patrimoine, la magie des lieux mythiques et l’organisation, dans chaque arrondissement, de lieux de festivités ouverts à toutes et à tous vont nous permettre d’atteindre ces ambitions.

L’enjeu est aussi de montrer qu’il est possible d’organiser des Jeux Olympiques et paralympiques en étant une ville engagée pour l’environnement, pour la solidarité, pour les droits humains.

Alors que le monde entier aura les yeux rivés sur notre ville, nous montrerons que cette célébration mondiale du sport peut aller de pair avec l’adaptation aux enjeux climatiques.

C’est tout le sens de nos engagements en faveur des pistes cyclables, les fameuses olympistes, du réseau de bus entièrement accessible ou encore de la voie olympique sur le périphérique qui sera transformée en voie réservée au covoiturage, aux transports en commun et aux taxis après les Jeux.

Je pense aussi à la rénovation en profondeur des espaces publics de la Porte de la Chapelle qui vont permettre au quartier, avec une circulation automobile réduite et de très nombreux nouveaux arbres, de mieux respirer.

Je pense aussi bien sûr à la baignade dans la Seine rendue possible grâce aux Jeux et qui constituera un tournant dans l’histoire de Paris.

Quels sont vos sujets de mobilisations prioritaires ?

Notre ambition écologique pour les Jeux est très grande et dans tous les domaines, depuis les infrastructures jusqu’à la forte réduction de l’utilisation du plastique à usage unique dans les sites de compétition. Pour parvenir aux objectifs que nous nous sommes donnés, c’est une mobilisation de tous les instants.

Les Jeux doivent d’abord être au service des habitants et je sais que les parisiens s’en rendent compte.

La question de l’accessibilité est aussi un sujet capital. Paris dispose déjà d’un grand nombre d’infrastructures qui n’étaient pas forcément adaptées aux personnes en situation de handicap.

Il a fallu se mobiliser pour rénover des équipements existants, comme le Stade Pierre de Coubertin, la piscine Vallerey et bien d’autres. En parallèle nous avons rendu accessibles les arrêts de bus dans Paris. 100% des lignes de bus seront donc accessibles pendant les JOP.

Ces avancées doivent permettre le développement d’une offre sportive adaptée : nous constatons à cet égard la multiplication des créneaux pour les personnes en situation de handicap dans les associations.

C’est très encourageant. Les Jeux Paralympiques amèneront plusieurs centaines de milliers de personnes en situation de handicap dans les rues. C’est un défi pour une ville patrimoniale comme Paris de les accueillir dans les meilleures conditions et nous serons au rendez-vous.

Avez-vous des craintes ?

Je suis très confiante. Non seulement nous sommes prêts mais nous avons des personnes extrêmement qualifiées et mobilisées qui travaillent chaque jour à la réussite des Jeux ! Je sais que des mesures ont été prises sur la question des transports en commun pour permettre à la fois aux visiteurs et aux franciliens de se déplacer.

Par ailleurs, nous avons des Jeux qui se déroulent sur une aire géographique assez compacte : les spectateurs pourront se déplacer à pied et à vélo entre les sites qui sont très proches les uns des autres.

Sur la question de la sécurité j’ai toute confiance dans le Ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et le Préfet de Police Laurent Nuñez, pour assurer la sécurité indispensable à cet événement planétaire et populaire.

Que représentent à vos yeux les JOP 2024 pour Paris ?

Les Jeux à Paris, cela n’arrive qu’une fois par siècle ! C’est une chance exceptionnelle pour notre ville bien sûr. Ils ont permis d’aller beaucoup plus vite sur un certain nombre de projets politiques que je porte. Mais pas seulement. C’est une chance pour la France tout entière.

C’est tout un pays qui sera derrière ses athlètes, uni grâce à la beauté et au message universel du sport. Ce sera un beau moment d’amitié entre les peuples, un moment qui va faire du bien, surtout dans la période que nous vivons.

Comment préparez-vous leur lendemain ?

Dès les premières phases de candidature, nous avons pensé l’héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques, c’est-à-dire ce qu’ils allaient laisser de durable aux habitants de Paris et de Seine-Saint-Denis après la compétition sportive.

Avec l’accélération de la mise en accessibilité de différents équipements pour les personnes en situation de handicap, la baignade dans la Seine, la transformation de notre Ville avec les pistes cyclables, la voie réservée, les nouvelles places piétonisées et la transformation du quartier de la Chapelle, les Jeux sont une occasion inouïe d’accélérer la métamorphose de Paris pour que les futures générations puissent encore y vivre en bonne santé dans les prochaines années. Et j’en suis très fière.