« Le sport concerne des millions de nos concitoyens, dirigeants, pratiquants et bénévoles, il nous apporte un socle commun, il favorise le vivre-ensemble et contribue à l’apprentissage des valeurs républicaines. »
Vous avez été rapporteur de la Proposition de Loi Sport au Sénat êtes depuis toujours très mobilisé sur ces sujets. Que représentent pour vous le sport et ses valeurs ?
Je me suis investi dans les politiques sportives depuis mon arrivée au Sénat, c’est un engagement que je porte de longue date, en tant qu’élu local, en tant que maire et en tant que citoyen. Le sport concerne des millions de nos concitoyens, dirigeants, pratiquants et bénévoles, il nous apporte un socle commun, il favorise le vivre-ensemble et contribue à l’apprentissage des valeurs républicaines.
À travers le sport, c’est notre citoyenneté qui s’exprime, quelle que soit la discipline, le sportif se retrouve d’abord face à lui-même avant de concourir face à l’autre. C’est une introspection avant de devenir une confrontation, où la victoire s’accorde au mérite. Le sport nous grandit, et nous rapproche.
Le sport est également indispensable dans notre quotidien, il y a le dépassement de soi, mais il y a surtout la préservation de notre santé. Le sport est un moyen au service de la santé publique, c’est une réponse supplémentaire à l’offre de soin disponible.
Vous êtes Président du groupe Pratiques sportives et grands évènements sportifs. Quels sont les champs d’action de ce groupe ?
Le groupe Pratiques sportives et grands évènements sportifs permet d’étudier et de suivre les questions et les problématiques spécifiques liées au sport. Ainsi, le groupe organise des rencontres et des échanges avec les acteurs des grandes manifestations sportives, va rencontrer les acteurs du monde sportif, et il contribue, ce faisant, à l’information des parlementaires pour leur permettre de répondre aux enjeux des politiques sportives de notre époque.
La France est-elle aujourd’hui suffisamment sportive ?
Je dirais que la France est un pays de sport, mais qu’elle n’est pas suffisamment sportive. Il existe un véritable engouement pour le sport dans notre pays, que ce soit au niveau local ou national. Nous avons la chance d’être une nation qui allie la richesse du sport amateur et la réussite du sport professionnel.
Nous avons déjà tous passé un dimanche autour d’un terrain de sport, mais pas suffisamment d’entre-nous, encore l’ont passé sur un terrain.
On constate en effet que grand nombre de personnes, notamment chez les jeunes, ne pratiquent pas d’activité physique ou pas suffisamment.
L’obésité ne cesse de progresser en France, favorisée par nos modes de vie sédentaire, le sport doit pouvoir être une réponse curative à ce fléau. Il reste des progrès à faire, et l’on ne peut se féliciter du nombre de pratiquants quand dans le même temps la proportion de femmes pratiquant des activités physiques est encore inférieure à celle des hommes.
Le sport est un moyen de lutte contre les discriminations, il nous faut donc poursuivre nos efforts en faveur de pratiques égalitaires et populaires.
Vous avez plusieurs fois mis l’accent sur les failles d’un secteur. Les JOP2024 vont-ils permettre d’en combler tout du moins d’en améliorer certaines ?
Les Jeux Olympiques et paralympiques sont un véritable atout mais ils ne sont pas l’unique solution. Des progrès sont encore indispensables, pour être une nation sportive il nous faut avant tout des équipements de qualité.
Aujourd’hui nos collectivités sont confrontées à des infrastructures vieillissantes, qui ne permettent pas de développer une pratique dans un cadre sécurisé ni adapté.
Le sport est un service public, nous avons une mission d’intérêt général qui doit nous obliger à faire mieux.
Par exemple au niveau des piscines, 70% d’entre-elles ont été construites avant 1995, leur rénovation et leur construction représentent un enjeu national pour le développement du savoir nager. Pour cela, le budget de l’État doit permettre d’accompagner les collectivités.
Quel pourrait-être selon vous l’héritage des JOP2024 ?
L’héritage doit se faire à plusieurs niveaux. Localement d’abord, avec la mise en place des politiques sportives dès l’école en rendant effective les 30 minutes de sport quotidiennes dans chaque école, avec le soutien au monde associatif, en développant des actions des activités physiques et sportives auprès des entreprises et le sport santé.
Au niveau national ensuite, avec la rénovation de nos équipements, l’État doit déployer avec les collectivités un véritable plan Marshall pour la rénovation et la construction des équipements.
Il y a également les mesures pour le sport pour tous, en accompagnant la pratique sportive de loisir et autonome, il y a un combat à mener pour rappeler les valeurs républicaines dans le sport, et je pense notamment à l’affirmation de la laïcité.
Il y a enfin, un travail à accomplir avec le comité olympique et les fédérations sur l’organisation et les évolutions de sport en France en prenant en compte les nouvelles pratiques.
Quelle vision portez-vous sur la France sportive de demain ?
Je vois deux choses. Une meilleure prise en compte de la pratique individuelle et autonome qui représente une part croissante de la pratique sportive aujourd’hui. Il y a un changement sociétal dans les pratiques sportives et les pouvoirs publics doivent être en mesures d’y répondre, en développant les activités physiques dans l’ensemble de la société.
À côté de cela il faut pouvoir garantir ce qui fait la richesse du sport en France, le sport fédéral, avec des bénévoles et un encadrement de grandes qualité indispensable pour la cohésion sociale dans nos territoires. Nos associations sont centrales dans l’organisation et la diffusion du sport et nous devons les accompagner.






