« Les volontaires sont les premières personnes que l’on voit et les dernières que l’on quitte lorsque l’on assiste aux Jeux, ou pour le formuler autrement la première et la dernière impression. Ils font l’atmosphère des jeux et en sont l’image dans leur diversité. Les visages de ces volontaires aux mille et une facettes resteront toujours gravés dans la mémoire, tout autant que les Jeux le seront dans la leur. »
Vous avez été ancien bénévole lors des Jeux d’Athènes en 2004. Comment avez-vous vécu cette aventure ?
Lorsque j’ai participé aux Jeux d’Athènes en 2004, j’étais encore étudiant sans avoir véritablement fait un choix quant à mon avenir professionnel. J’hésitais à m’orienter vers le monde du sport. C’est peu dire que j’ai vécu une expérience unique, de celles qui marquent une vie. J’ai découvert complètement les jeux de l’intérieur. Je battais en leur cœur. Qui plus est, ils se déroulaient alors à Athènes, leur berceau, ce qui donnait alors à mes yeux une émotion supplémentaire avec le sentiment de revenir à leur source.
S’immerger dans les jeux en étant bénévole, c’est aussi une incroyable aventure humaine, dans laquelle des liens très forts se créent. J’y ai rencontré une volontaire grecque expatriée, qui était précisément revenue dans son pays pour les jeux. Nous n’avons jamais perdu contact. L’année passée, j’ai accueilli sa fille, qui était en stage de troisième. Chaque volontaire est affecté à des missions précises.
Pour ce qui me concerne, j’étais en charge de vérifier l’accréditation de personnes très différentes les unes des autres et de l’accueil. Cette expérience a été un véritable tournant dans ma vie. J’ai immédiatement choisi par la suite de m’orienter vers l’événementiel sportif.
Après ma maîtrise de droit des affaires, j’ai choisi d’intégrer un Master en Administration et technologie du sport.
Dix-huit mois après les Jeux d’Athènes, j’intégrais le comité d’organisation de la Coupe du Monde de rugby 2007, dans lequel j’étais d’ores et déjà chargé de la coordination du programme volontaires.
Par la suite, j’ai alterné ma carrière professionnelle entre des missions en lien avec les grands événements sportifs et les ressources humaines au sein de grands groupes, L’Oréal, témoignage à la fois de la continuité des Jeux dans mon parcours.
Cette aventure décisive pour et dans ma vie, ne m’a jamais quittée, au point que je me suis promis de ne jamais rater aucun Jeux Olympiques et Paralympiques d’été.
Cette expérience vous a-t-elle inspiré depuis votre nomination en tant que Directeur Games time Workforce Opérations ?
Cette aventure n’a jamais cessé de m’inspirer. Je crois que toutes celles et ceux, qui ont vécu les Jeux de l’intérieur ont envie de la transmettre, de donner aux autres envie de la vivre et de faire de celles et ceux qui y pénètrent une aventure extraordinaire.
Pouvez-vous nous rappeler vos missions aujourd’hui ?
Si je suis bien évidemment en charge du recrutement des volontaires, ma mission va très au-delà et est très vaste. En effet, je pilote l’ensemble des opérations liées aux ressources humaines des Jeux de Paris 2024, dont le programme des volontaires.
Cela implique que je suis sur tous les fronts qu’il s’agisse de la logistique, de l’hébergement ou encore de la formation. Quoi que je ne gère pas à proprement parler les ressources humaines au niveau des salariés, il faut rappeler que les JOP2024 mobilisent 4500 salariés, 45000 volontaires et 100 000 prestataires de services. C’est une immense entreprise.
Précisément comment s’est déroulé le recrutement de volontaires ?
Nous avons ouvert notre plateforme de recrutement en mars 2023, pour une durée de 6 semaines, jusqu’au 3 mai 2023 et avons reçu plus de 300 000 candidatures diverses et variées, comme nous le souhaitions.
Dans les faits, pas moins de 30 000 volontaires pour les Jeux Olympiques et 15 000 pour les Jeux Paralympiques seront déployés sur les différents sites.
Chacun a eu la possibilité de candidater aux deux événements, avec un impératif d’engagement d’au moins 10 jours. Entre janvier et février 2024, nous avons informé tout un chacun des suites données à leur candidature.
Un tiers de ceux qui ont postulé avaient moins de 25 ans et 55% étaient des femmes, ce qui est essentiel compte-tenu de notre volonté de parfaite parité. Plus encore, l’ouverture est allée au-delà de toutes les frontières puisque nous avons reçu des candidatures venant de 190 pays.
La sélection qui est toujours une étape complexe s’est réalisée en parfaite cohérence avec nos ambitions d’ouvrir le programme à toutes et tous. Nous les avons ainsi pleinement concrétisées.
Nous sommes aujourd’hui entrés dans le cœur de l’action, avec des échéances qui s’enchaînent très vite. La convention des volontaires du 23 mars a été le véritable coup d’envoi du programme.
Ils ont d’emblée été immergés dans cette ambiance de fête magique qui caractérise le plus grand événement au monde, dans le futur site de compétition.
Ils ont pu véritablement entendre battre son cœur, découvrir les médailles, la torche, le programme des célébrations en France, rencontrer les phryges Paris 2024, nos deux mascottes en forme de petits bonnets phrygiens.
Parallèlement, notre partenaire officiel Décathlon leur dévoilait l’incontournable uniforme des volontaires, symbole s’il en est des Jeux, identifiables de tous les acteurs des Jeux Olympiques et Paralympiques, des spectateurs aux accrédités.
L’atmosphère et l’enthousiasme ont été à la hauteur de nos espérances.
Après le premier module de formation à distance, nos dizaines de milliers de précieux volontaires vont pouvoir se préparer au fil des semaines à faire partie intégrante de l’aventure, qui pour eux a déjà commencé, entre la réception de leur planning, du guide du volontaire, des nouvelles formations en lien avec leurs affectations et missions, que ce soit à Paris, en Seine-Saint-Denis, à Marseille, Lille ou Châteauroux.
En quoi ces volontaires sont-ils le reflet de la volonté d’inclusion, de parité, de diversité ?
Nos ambitions ont été d’emblée axées sur l’inclusion, la parité et la diversité pour ces Jeux, qu’il s’agisse des athlètes, des bénévoles ou encore des salariés.
Concernant plus spécifiquement les volontaires, nous voulions donner une chance à toutes et tous, quelle que soit la situation géographique, la nationalité, le sexe, ou même la tranche d’âge, sachant cependant qu’à l’exception par exemple des ramasseurs de balle que nous avons recrutés à partir de 16 ans, les conditions de candidatures fixées étaient d’être âgé de 18 ans ou plus, au 1er janvier 2024.
Cela signifie que nous avons des volontaires de 16 ans à plus de 90 ans, une stricte parité femmes-hommes, des personnes qui viennent de tous les territoires de l’Hexagone, mais aussi d’Europe, sans oublier les personnes en situation de handicap, bien au contraire.
Il est évident que nous avons pour ce faire mobilisés l’ensemble de l’écosystème dès 2022, qu’il s’agisse du mouvement sportif ou encore des collectivités.
Il a été un précieux soutien quant à la concrétisation de nos ambitions. Grâce à sa mobilisation sans précédent, nous avons tenu notre pari d’ouverture et nos 101 départements français sont représentés.
Les volontaires se préparent à vivre l’expérience unique des jeux, sachant que c’est parfois un véritable investissement pour eux, puisque nous prenons en charge que les transports en commun locaux. Cela veut dire aussi qu’il est une grande chaîne autour d’eux.
Quelles seront leurs missions ?
Les missions sont presque aussi différentes que les profils. Pour être sélectionné, il n’était pas forcément indispensable ni d’être un passionné de sport, ni d’avoir une première expérience dans ce domaine.
Trois grandes « familles » de missions se distinguent, à savoir l’accueil, l’orientation et l’assistance, qui concerne 60 % des volontaires et consiste par exemple à guider les spectateurs à l’intérieur et autour des sites de compétition ou dans les gares, transports en communs et stations de métro, mais il en est beaucoup d’autres.
Ainsi, 5 % environ des missions concernent l’accompagnement à l’organisation, ces volontaires dédiés seront, par exemple, chargés de distribuer les accréditations. Il est aussi des missions spécifiques, voire plus spécialisées, qui tiennent compte des expériences et compétences de chacun.
Ainsi, celles et ceux qui assisteront les équipes médicales ne seront pas des parfaits novices du domaine. Il en est de même de celles et ceux en lien avec la performance sportive sur les aires de compétitions, qui impose une connaissance minimum des règles sportives.
Les volontaires, sont-ils une force vive essentielle aux Jeux Olympiques ?
Les volontaires sont les premières personnes que l’on voit et les dernières que l’on quitte lorsque l’on assiste aux Jeux, ou pour le formuler autrement la première et la dernière impression.
Ils font l’atmosphère des Jeux et en sont l’image dans leur diversité. Les visages de ces volontaires aux mille et une facettes resteront toujours gravés dans la mémoire, tout autant que les Jeux le seront dans la leur.
Au fil des instants magiques d’émotion vécue, les spectateurs retiendront, les sites iconiques et les visages humains qui les auront accueillis, accompagnés, guidés, leur auront souri.
Je sais que chacune et chacun d’entre eux vient chercher quelque chose d’exceptionnel dans cette aventure, l’une de mes missions est qu’ils puissent trouver ce qu’ils sont venus chercher et ne l’oublient jamais.






